Espace: Le satellite Taranis à l'assaut de la face cachée des orages (et des elfes...)

SCIENCES Avec le petit satellite Taranis, le Cnes veut percer les mystères qui demeurent sur les phénomènes orageux…

20 Minutes avec AFP

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Une illustration du futur satellite Taranis.
Une illustration du futur satellite Taranis. — O. Sattler - Cnes
  • Une mission du Cnes va s’intéresser aux phénomènes d’altitude méconnus liés aux orages.
  • C’est Taranis, un petit satellite bardé de technologies, qui va s’en charger.
  • Assemblé à Toulouse, il doit être lancé fin 2019.

Des orages, les Terriens que nous sommes ne voient que le plus évident : le tonnerre, les éclairs et les dégâts engendrés. Mais, plus haut, à des centaines de kilomètres d’altitude, ils provoquent d’autres phénomènes : des halos lumineux à expansion rapide que les spécialistes ont joliment baptisés les « Elfes » ou leur équivalent en bleu, blanc, rouges, les « Sprites ».

C’est à ces Evènements Lumineux Transitoires (TLE), découverts dans les années 1990, que va s’intéresser petit satellite Taranis, en cours d’assemblage sur le site du Cnes à Toulouse. L’engin de 185 kg à peine, qui doit son nom au dieu du ciel et de l’orage dans la mythologie celtique gauloise, gravitera à 600 km d’altitude pour apercevoir un maximum d’elfes et de sprites.

Antimatière

« C’est une mission assez ambitieuse par le nombre d’instruments emparqués et par la couverture du spectre physique, qui va du visible au radiatif en passant par des photons gamma », précise Christophe Bastien-Thiry, le chef du projet Taranis. Car, en plus des TLE, Taranis va aussi traquer les « flashs gamma terrestre » (TGF), ces moments très brefs et plus rares où l’orage se comporte en accélérateur de particules. Un phénomène naturel certes mais qui selon Christophe Bastien-Thiry représente « potentiellement un danger pour les équipements ou le personnel », des jets privés ou avions militaires qui, contrairement aux avions de ligne, peuvent survoler les orages.

Par ailleurs, ces « bouffées gamma » sont accompagnées d’émissions d’antimatière. Un axe de recherche qui intéresse particulièrement les scientifiques du Commissariat à l'énergie atomique.

Taranis doit démarrer ses aventures orageuses fin 2019.