Marseille: Un champignon pour tuer les punaises de lit? Des étudiants y croient!

INNOVATION Des étudiants marseillais ont découvert une façon d’éradiquer les punaises de lit en utilisant les propriétés d’un champignon…

Mathilde Ceilles

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Une punaise de lit (illustration).
Une punaise de lit (illustration). — Wikimedia Commons
  • Des étudiants marseillais participent à un concours scientifique international.
  • Dans ce cadre, ils ont découvert les vertus d’un champignon contre les punaises de lit.
  • Le piège mis au point ne devrait pas être commercialisé avant plusieurs mois.

Ces petites bêtes sont connues pour faire vivre l’enfer à ceux qui par malheur croisent leur chemin. Depuis plusieurs années, les punaises de lit font leur retour en force en France, notamment dans les grandes agglomérations.

A Marseille récemment, ce sont les urgences de l'hôpital de La Timone elles-mêmes qui ont été infesté par les punaises de lit le mois dernier. Comme partout ailleurs, difficile d’éradiquer ces insectes une fois installés chez les particuliers ou dans les lieux publics, à moins de traitements chimiques longs et potentiellement toxiques pour l’homme.

Mais un nouvel outil pourrait éclore grâce au travail de plusieurs Marseillais. En effet, Dimitri, Marie et une vingtaine d’autres étudiants de la cité phocéenne ont fait une étonnante découverte, dans le cadre de leurs recherches effectuées pour l'IGEM, une compétition internationale en biologie à destination des étudiants qui se déroulera à Boston ​en octobre.

« Solution naturelle »

« L’agriculture utilise depuis une centaine d’années un champignon, le beauveria bassiana, pour détruire les insectes ravageurs de culture, explique Dimitri. Le but est d’utiliser ce champignon contre les punaises de lit. » Concrètement, ces étudiants ont imaginé élaborer un piège contenant ce fameux champignon. Pour attirer les punaises dans leur piège, un certain type de phéromone est dégagé. En effet, cette phéromone est produite naturellement par les punaises de lit, via leurs déjections, et leur sert à reconnaître leur colonie. Croyant rejoindre les leurs, les punaises de lits entrent en contact avec le champignon.

« Le champignon va alors à s’attaquer petit à petit à la cuticule, autrement dit la carapace de la punaise de lit, poursuit Sarah. Cela va tuer l’insecte, proliférer sur son cadavre et permettre de s’attaquer aux autres punaises de lit en contact avec la punaise infestée. » Et d’ajouter : « cette solution naturelle permettrait de détruire toutes les colonies de punaises, quel que soit leur âge, contrairement aux techniques utilisées aujourd’hui, qui ne tuent pas les larves et sont toxiques. »

Pas de commercialisation avant plusieurs mois

Avis toutefois à ceux qui voient en cette découverte la solution miracle pour enfin éradiquer ces petites bêtes qui leur gâchent leur quotidien : cette innovation en est à son balbutiement. Seuls des tests en éprouvette ont été réalisés. « Nous n’avons pas testé le piège en conditions réelles, avec des punaises de lits, car notre laboratoire n’est pas équipé pour, regrette Dimitri. Nous sommes en discussion avec des acteurs locaux pour pouvoir réaliser ces tests. »

Les étudiants pourraient ainsi recevoir l’appui de Jean-Michel Bérenger, spécialistes des punaises de lit au sein de l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection à l’AP-HM. Dans le cadre de ses fonctions, ce dernier élève des punaises de lits. « Ce qui est intéressant, c’est de rendre ce champignon plus virulent et plus spécifique à la punaise de lit, explique le scientifique. On pourrait tuer ces insectes en quatre jours. »

Quant à la commercialisation éventuelle de ce piège, elle n’est pas prévue pour le moment. « Il faut faire plus de recherches, tempère Marie. On discute également pour créer une start-up, ce n’était pas prévu dans le projet. » « Il faut faire ces tests, et cela peut prendre plusieurs mois », abonde Jean-Michel Béranger. Pour l’heure, les étudiants mettent toute leur énergie à préparer leur voyage pour Boston, pour lequel ils ont lancé une collecte de fonds. qui servira également à poursuivre leurs recherches.

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