Toulouse: Des scientifiques vont traquer les éclairs à bord d’un avion, pour mieux les comprendre

SCIENCES Pour mieux comprendre ce qui se passe au sein du nuage lors des orages et des éclairs, un avion va les suivre de très près durant une campagne de mesures d’un mois, en Corse…

Beatrice Colin

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Dans le cadre de la mission Exaedre va partir à la chasse aux éclairs, en Corse, du 13 septembre au 12 octobre.
Dans le cadre de la mission Exaedre va partir à la chasse aux éclairs, en Corse, du 13 septembre au 12 octobre. — JASON WEINGART/CATERS NEWS AGENCY/SIPA

Dans l’Antiquité, de nombreux dieux lui furent dédiés et aujourd’hui encore il reste craint. L’éclair est un phénomène météorologique bien visible mais sur lequel il subsiste des zones d’ombre.

Pour savoir comment il se forme au sein d’un nuage et se propage, une  équipe de scientifiques toulousains va aller, durant un mois, les ausculter de très près, au-dessus de la Corse dès le 13 septembre.

Prévoir leur intensité

A bord d’un avion bardé de technologies de pointe, et grâce à divers instruments disséminés au sol, ces scientifiques du CNRS et de l’Université de Toulouse vont pouvoir récolter diverses données. En particulier l’activité électrique au sein du nuage ou encore la taille et la forme des cristaux de glace qui le composent.

« On comprend mal comment un éclair se connecte au sol et se propage à très longue distance, ou encore à quelle altitude se forment et pourquoi dans certaines zones et pas d’autres », explique Eric Defer, chercheur au Laboratoire d’aérologie de Toulouse​ et responsable de ce projet baptisé Exaedre.

Epaulée par le Cnes et Météo France, l’équipe va pouvoir collecter une masse de données en l’air, là où 90 % des éclairs se concentrent quand seulement 10 % touchent le plancher des vaches. « Ces nouvelles observations vont nous permettre de mieux suivre en temps réel les orages et mieux les prévoir en particulier ceux qui sont violents », indique Olivier Caumont du Centre national de recherches météorologiques.

Elles participeront aussi aux futures missions spatiales qui grâce à deux satellites européens pourront détecter les éclairs là où il n’existe aucun instrument pour le faire.