Météo: Les orages sont-ils plus fréquents après la canicule?

METEO Les derniers épisodes de canicule à avoir frappé la France se sont achevés par de violents orages, mais ceux-ci ne succèdent pas nécessairement aux vagues de fortes chaleurs…

Alexis Orsini

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De l'eau ruisselle lors d'un orage (illustration).
De l'eau ruisselle lors d'un orage (illustration). — R. Bloch / SIPA
  • Après les récents épisodes de canicule, des orages ont frappé la France.
  • Plusieurs départements ont même été placés en vigilance orange « orages ».
  • Emmanuel Demaël, prévisionniste à Météo-France, explique l’origine de ces phénomènes, pas forcément systématiques.

Au cœur de la canicule qui a frappé la France cet été, certain(e) s attendaient avec impatience la vague d’orages annoncée au sortir de cette période particulièrement chaude.

Début août, l’Hexagone a bien été frappé par une vague d’intempéries, au point d’amener Météo France à placer 17 départements en vigilance orange « orages » début août – aux conséquences tragiques dans le Gard. Quelques jours plus tard, certains habitants des Pyrénées ont vu tomber des averses de grêle particulièrement violentes.

Mais les orages sont-ils vraiment plus fréquents après des périodes de canicule ? « Ce n’est pas nécessairement le cas, les canicules ne sont pas nécessairement arrêtées par des orages violents » explique Emmanuel Demaël, prévisionniste chez Météo France.

Pas d’impact du réchauffement climatique

Le spécialiste cite notamment l’exemple de la canicule qui avait frappé la France en 2003 : « Elle avait pris fin en août sans événement orageux massif mais grâce à une masse d’air océanique qui avait chassé la chaleur. »

A l’inverse, les épisodes de canicule plus récents se sont conclus par des orages, comme le rappelle Emmanuel Demaël : « Nous avons eu de forts orages à Paris et à Lille fin juillet, mais aussi dans le sud de la France le 9 août. Souvent, les situations orageuses mettent effectivement fin à une forte chaleur et elles peuvent s’accompagner de chutes de grêle. »

La diagonale sud-ouest/centre-est particulièrement concernée

Le phénomène, qui relève logiquement du cas par cas, s’explique par deux scénarios possibles. « Soit il s’agit de zones de basse pression qui rencontrent un air chaud en provenance du sol, soit d’une orientation de la circulation atmosphérique d’origine maritime, avec des pressions insuffisamment élevées » résume le spécialiste.

Si ces orages touchent plus particulièrement certaines zones du pays – « schématiquement la diagonale sud-ouest/centre-est » –, leur formation ne varie pas particulièrement selon qu’une zone soit urbanisée ou rurale. Les habitants des villes, qui souffrent plus de la canicule que ceux de la campagne, ne sont donc pas plus concernés.

En outre, le réchauffement climatique n’a pas d’impact sur la récurrence de ce phénomène. « Au contraire, la partie sud de la France fait face à des étés plus secs et plus chauds avec le réchauffement climatique » note Emmanuel Demaël.