Virus géant: Les pandoravirus pourraient inventer «leurs propres gènes», selon des chercheurs

ETUDE Des chercheurs de Marseille avance une hypothèse « révolutionnaire » grâce à la découverte de trois nouveaux pandoravirus...

20 Minutes avec agences

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Illustration d'un virus géant
Illustration d'un virus géant — Julia Bartoli, Chantal A/AP/SIPA

Des chercheurs français ont identifié trois nouveaux pandoravirus en différents endroits du globe, notamment au pied d’un chêne à Marseille (Bouches-du-Rhône). Grâce à cette découverte, ils ont pu mener une analyse comparative des génomes des six pandoravirus désormais connus et d’avancer une hypothèse « révolutionnaire » : ces virus géants, visibles au microscope optique, « inventeraient leurs propres gènes ».

Cette proposition audacieuse, publiée lundi dans la revue Nature Communications, ne devrait pas manquer de faire débat, reconnaissent les deux microbiologistes Chantal Abergel et Jean-Michel Claverie, du laboratoire Information génomique et structurale (CNRS/Aix-Marseille Université) à Marseille.

Trois nouveaux pandoravirus

L’équipe décrit ainsi trois nouveaux membres de la famille pandoravirus, trouvés à Marseille, dans une mangrove près de l’aéroport de Nouméa (Nouvelle-Calédonie) et près de Melbourne (Australie). Ils les ont comparés avec les autres pandoravirus au moyen de différentes approches, notamment le séquençage de leur génome.

« Environ 500 gènes ont l’air de constituer le socle de ce qui fait la famille des pandoravirus. Tout le reste sont des gènes qui sont variables d’une souche à l’autre et continuent d’augmenter au fur et à mesure de la découverte de nouveaux virus, indique Jean-Michel Claverie. On a l’impression que beaucoup de ces gènes n’étaient pas présents dans l’ancêtre commun de la famille ».

« On remplace le modèle »

Pour le chercheur, « la seule hypothèse possible, c’est qu’ils ont été créés, qu’ils sont apparus in situ dans ce génome et de novo, c’est-à-dire à partir d’aucun gène qui préexistait à cette espèce de virus », dit-il. Les virus géants seraient ainsi des artisans de la diversité génétique.

Cette thèse « révolutionnaire, va probablement nous attirer les foudres de beaucoup de nos collègues, poursuit Jean-Michel Claverie. Entre autres, parce que l’on remplace le modèle où il se produit une sorte de Big Bang de l’évolution, avec l’apparition de la vie il y a environ 3,8 milliards d’années, par un modèle où l’évolution apparaît beaucoup plus continue ».

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