VIDEO. Une pour toutes, toutes pour une... Le comportement des fourmis scruté de très (très) près

SCIENCES Des chercheurs toulousains du Centre de recherches sur la cognition animale décryptent le comportement des fourmis et leur capacité à transporter jusqu’à 15 fois leur poids…

Beatrice Colin

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Des fourmis en train de transporter un insecte.
Des fourmis en train de transporter un insecte. — ARDEA/MARY EVANS/SIPA
  • Une équipe du Centre de recherches sur la cognition animale de Toulouse, qui fête ses 15 ans d’existence, a lancé une étude sur le comportement des fourmis lorsqu’elle transporte une feuille ou un objet.
  • Les fourmis sont filmées par une caméra qui permet d’avoir 250 images par seconde. Cela permet de décomposer leur mouvement et voir comment elles font pour porter jusqu’à 15 fois leur poids.

Elles ne sont pas dopées à l’EPO, n’ont pas tourné dans un épisode des X Men, mais leur puissance vaut largement celle d’un Hulk alors qu’elles ne font souvent pas plus d’un centimètre. Les fourmis sont dotées d’une force herculéenne, que des scientifiques toulousains sont en train de scruter à la loupe.

Depuis quelques mois, grâce à cinq caméras hyper-puissantes capables de faire 250 images par seconde, l’équipe « Collective animal behavior » de Vincent Fourcassié, du Centre de recherches sur la cognition animale de Toulouse, scrute leurs moindres mouvements. Adieu la fourmi qui bouge dans tous les sens. Là, on les voit avancer au ralenti, en 3 D.

Cette étude, menée dans le cadre de la thèse d’Hugo Merienne, a pour objectif de savoir comment chacune d’entre elles fait pour déplacer un insecte ou une feuille. Et voir comment elles gèrent leur tâche individuellement et comment elles s’organisent collectivement, des plus petites aux plus grosses.

Analyse des dépenses d’énergie

« Une fourmi peut porter de 12 à 15 fois son poids, elle peut aussi tirer jusqu’à 25 fois son poids. Grâce à ces images, il est possible de décomposer son mouvement et faire des mesures grâce auxquelles on pourra connaître l’énergie qu’elle dépense », indique Vincent Fourcassié, directeur de recherches au CNRS.

Dans ce transport de fret collectif, les performances physiques ne sont pas toujours là où l’on croit selon les premières constatations réalisées par les chercheurs. « Les grosses fourmis ne sont pas le modèle agrandi des plus petites. Elles ont une tête plus importante, qui les déséquilibre. Ce qui fait qu’elles porteront moins de poids car sinon elles seront déstabilisées », livre le scientifique.

Leur exosquelette, source d’inspiration

Les mastodontes seront donc plutôt aux avant-postes, à déblayer le terrain pour leurs collègues qui assurent le transport des marchandises. Les images ont permis de voir qu’elles font des micro-pauses lorsqu’elles charrient un insecte ou une feuille. Comme les humains.

Au-delà de leur façon de faire, les chercheurs se penchent aussi sur leur anatomie, sur la façon dont elles placent leurs trois pattes de chaque côté en fonction de leurs cargaisons. Le font-elles mécaniquement ou s’adaptent-elles pour optimiser leur déplacement ?

La réponse pourrait notamment servir en robotique, pour l’assistance des humains. Et l’exosquelette de la fourmi est aussi une source d’inspiration pour créer des outils pour soulager par exemple les ouvriers.