Les macaques synchronisent leurs cerveaux lorsqu'ils collaborent, et cette découverte pourrait aider à comprendre l'autisme

NEUROSCIENCES Cette découverte pourrait contribuer à de meilleurs diagnostics des troubles du spectre autistique...

20 Minutes avec agence

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Des femelles et jeunes macaques rhésus à Bharatpur (Rajasthan).
Des femelles et jeunes macaques rhésus à Bharatpur (Rajasthan). — Wikipedia

Des biologistes de l’Université Duke (États-Unis) ont fait une découverte étonnante, qui pourrait ouvrir un nouveau champ de recherches dans le domaine des neurosciences. Ils ont observé une synchronisation dans l’activité cérébrale de deux macaques, alors que les deux singes vivaient la même expérience.

Les résultats de leurs travaux, réalisés sur des macaques rhésus (macaca mulatta), ont été publiés le 29 mars dernier dans la revue Nature.

Une notion de « concordance cérébrale »

Pour mener à bien leurs recherches, les scientifiques ont analysé l’activité du cortex moteur de deux singes à travers une expérience originale. L’un était positionné sur une chaise immobile (l’observateur), tandis qu’un autre était placé sur un fauteuil roulant (le passager) motorisée dont le parcours avait été planifié. Ce dernier était alors suivi du regard par le premier lorsqu’il traversait la pièce. Une fois le trajet effectué, le passager était récompensé par du raisin et l’observateur par du jus de fruit.

Les chercheurs, qui évoquent la notion de « concordance cérébrale », sont parvenus à démontrer que les cerveaux des macaques se synchronisaient lorsqu’ils effectuaient une tâche collaborative. « Il s’agit d’une synchronisation épisodique caractérisée par certains groupes de neurones qui s’activent en même temps, un phénomène qui se produit lorsque deux individus vivent ensemble le même moment », explique SciencePost.

Les neurones miroirs en question

Cet état dit de « synchronisation corticale inter-cérébrale » (ICS) serait lié aux « neurones miroirs », que les neuroscientifiques considèrent comme essentiels dans le cadre des interactions humaines. Ces neurones permettraient notamment que les humains s’identifient les uns aux aux autres.

D’autre part, des dysfonctionnements des neurones miroirs seraient certainement en cause dans les syndromes autistiques et autres troubles jouant sur nos aptitudes et nos comportements sociaux.

Une avancée dans la recherche sur l’autisme ?

« Nous pensons que notre étude a le potentiel d’ouvrir un nouveau champ de recherche dans les neurosciences modernes en démontrant que même les fonctions les plus simples du cortex moteur – comme la création de mouvement – sont grandement influencées par le type de relation qu’entretiennent les animaux participants », explique Miguel Nicodelis, co-auteur de l’étude dans Eurekalert.

Selon le scientifique, les résultats observés lors de l’étude pourraient être utiles pour « quantifier la collaboration d’athlètes, de musiciens ou de danseurs (…) et permettre d’améliorer la cohésion sociale » d’un groupe. Au niveau médical, cette découverte serait à même de contribuer à de meilleurs diagnostics des troubles du spectre autistique et à une meilleure évaluation de leurs traitements.

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