Pulvérisée, la station spatiale chinoise achève sa course dans le Pacifique

ESPACE L’engin a fait son retour dans l’atmosphère avec 27 minutes d’avance…

N.Sa avec AFP
— 
Modèle d'exposition de la station spatiale chinoise Tiangong-1.
Modèle d'exposition de la station spatiale chinoise Tiangong-1. — Kin Cheung/AP/SIPA

Ça y est, c’est fait ! La station spatiale chinoise Tiangong-1 s’est désintégrée lundi en plein vol alors qu’elle regagnait la Terre au-dessus du Pacifique, au terme de deux années d’évolution incontrôlée en orbite.

L’engin, en vol incontrôlé depuis 2016, a fait son retour dans l’atmosphère un peu plus tôt que prévu : le CMSEO avait annoncé auparavant que la rentrée vers la Terre s’effectuerait autour de 00h42 GMT, ce qui l’aurait située au-dessus de l’Atlantique sud, au large de Sao Paulo. « La plupart des équipements ont été détruits lors de la phase de rentrée dans l’atmosphère », a assuré le CMSEO dans un communiqué.

Impossible de la voir à l’oeil nu

La station spatiale abandonnée pesait environ huit tonnes mais ne devait pas causer de dégâts en tombant, avait cherché à rassurer la Chine ces derniers jours. Pékin avait même promis un spectacle « splendide », semblable à une pluie de météorites.

Mais au-dessus du Pacifique, il paraissait improbable que quiconque ait pu assister à la scène à l’oeil nu. Avant de regagner le sol, l’engin spatial a survolé la Corée du Nord et le Japon où il faisait déjà jour, réduisant encore la probabilité d’avoir été vu depuis le sol, a souligné pour l’AFP l’astronome Jonathan McDowell, du Centre d’astrophysique Harvard-Smithsonian, aux Etats-Unis. « C’eut été amusant à voir », a-t-il déclaré. « Le bon côté des choses, c’est qu’il n’a pas provoqué de dégâts en tombant. »

Plus de peur que de mal

Les Etats-Unis ont confirmé le retour de l’appareil dans le Pacifique, évoquant cependant un décalage d’une minute par rapport à l’évaluation chinoise, selon le Joint Force Space Component Command (JFSCC), dont le réseau de radars a suivi la trajectoire de l’engin en coordination avec plusieurs pays (Allemagne, Australie, Canada, Corée du Sud, France, Italie, Japon, Royaume-Uni).

Le laboratoire spatial avait été placé en orbite en septembre 2011. Il devait effectuer une rentrée contrôlée dans l’atmosphère terrestre, mais a cessé de fonctionner en mars 2016, suscitant des inquiétudes quant à sa « chute ».
Cependant, le risque pour un être humain d’être touché par un débris spatial de plus de 200 grammes est d’un sur 700 millions, avait rappelé le CMSEO. « Les gens n’ont aucune raison de s’inquiéter », avait-il assuré.