Tests sanguins: Les dirigeants de Theranos inculpés pour «fraude massive»

SCIENCES La fondatrice Elizabeth Holmes a accepté de payer une amende d'un demi-million de dollars...

P.B. avec AFP

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La fondatrice du laboratoire Theranos, Elizabeth Holmes, en 2016.
La fondatrice du laboratoire Theranos, Elizabeth Holmes, en 2016. — Jeff Chiu/AP/SIPA

Plus dure sera la chute. Les dirigeants de la start-up biotechnologique Theranos, qui prétendaient avoir révolutionné les tests sanguins, avaient en fait mis au point une escroquerie sophistiquée qui leur a permis de tromper les investisseurs, a indiqué mercredi le gendarme boursier américain (SEC).

Longtemps considérée comme « la nouvelle Steve Jobs », Elizabeth Holmes, qui a fondé Theranos en 2003 à seulement 19 ans, a accepté de payer une amende de 500.000 dollars, doit céder le contrôle de l’entreprise et n’aura pas le droit de diriger une entreprise cotée pendant 10 ans. Elle devra aussi rendre à Theranos des millions d’actions qu’elle détient dans la start-up, qui valorisée à 9 milliards de dollars, faisant de Holmes une milliardaire de papier. L’ancien président Ramesh Balwani, lui, sera poursuivi en justice par la SEC en Californie.

Fraude sur les tests

Selon la SEC, Theranos est parvenue à lever « plus de 700 millions de dollars auprès d’investisseurs au travers d’une fraude élaborée qui a duré plusieurs années, pendant lesquelles ils ont exagéré ou menti à propos de la technologie, des activités et des performances financières de l’entreprise ».

L’entreprise promettait des diagnostics plus rapides et moins chers que ceux des laboratoires traditionnels Etats-Unis, grâce à des méthodes présentées comme révolutionnaires, permettant des tests multiples avec une toute petite quantité de sang. Elle avait signé de nombreux contrats, notamment avec la chaîne de pharmacie Walgreens.

Mais une série d’articles de presse à partir de fin 2015 parus dans le Wall Street Journal avait commencé à semer le doute sur la véracité de ces affirmations. Quelques mois plus tard, le ministère de la Santé avait lui aussi fait part de ses réserves. En réalité, affirme la SEC dans son communiqué mercredi, le système vanté par Theranos « ne permettait de réaliser qu’une toute petite quantité de tests, et la société réalisait l’immense majorité des tests des patients avec d’autres dispositifs fabriqués par d’autres » entreprises.