On sait pourquoi les tatouages résistent aussi bien au temps

ETUDE Au moment de mourir, les cellules dans lesquelles vient se fixer l’encre la transmettent aux cellules nouvellement créées, garantissant une longue vie aux tatouages…

20 Minutes avec agence

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Une convention de tatouage à Lyon (illustration).
Une convention de tatouage à Lyon (illustration). — P.Fayolle/SIPA

Comment expliquer la longévité des tatouages alors que les cellules de la peau sur lesquelles l’encre vient se fixer n’ont une durée de vie que d’une vingtaine de jours ? C’est la question sur laquelle des chercheurs du centre d’immunologie de Marseille-Luminy (Bouches-du-Rhône) ont décidé de se pencher. Leurs travaux ont été publiés le 6 mars dans Journal of Experimental Medicine.

En découvrant les raisons du phénomène, les scientifiques pourraient également avoir trouvé une piste vers une nouvelle méthode d’effacement des tatouages.

L’encre se fixe sur les macrophages

Les spécialistes ont longtemps pensé que l’encre venait colorer les fibroblastes, des constituants de la partie superficielle de la peau, rappelle Le Monde. Mais il a ensuite été montré que les pigments se fixaient sur les macrophages, des cellules du système immunitaire dont l’action consiste à attirer les corps étrangers.

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La découverte n’a cependant pas permis de percer l’énigme de la durée de vie des tatouages puisque les macrophages, comme les fibroblastes, se renouvellent à une fréquence de quelques dizaines de jours.

Une nouvelle technique pour supprimer les tatouages ?

Dans leur étude, les chercheurs expliquent avoir alors étudié des souris à peau noire. Constatant que la mélanine teintant leur derme était absorbée par les macrophages quand les cellules disparaissaient, les scientifiques ont tatoué les queues des rongeurs. Ils ont alors découvert que, comme la mélanine, l’encre était transmise d’une cellule mourante à une nouvelle cellule selon un cycle.

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Ce fonctionnement explique que l’encre demeure quand les cellules qui la contiennent disparaissent. Mais il permet aussi d’envisager une nouvelle technique de suppression des tatouages. A terme, celle-ci pourrait remplacer les nombreuses séances de laser pour l’instant nécessaires. « La destruction très localisée des macrophages éviterait la recapture du pigment fragmenté et faciliterait son évacuation par les vaisseaux lymphatiques », explique ainsi la chercheuse Sandrine Henri.