VIDEO. Brest: Les fouilles relancées pour retrouver une épave coulée il y a 500 ans

HISTOIRE Fleuron de la flotte bretonne, « La Cordelière » a sombré au large des côtes du Finistère en 1512 lors d’une bataille contre les Anglais…

Jérôme Gicquel

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Toile du combat de «La Cordelière» contre la flotte anglais, peinte par Pierre-Julien Gilbert.
Toile du combat de «La Cordelière» contre la flotte anglais, peinte par Pierre-Julien Gilbert. — Musée des Beaux-Arts de Brest
  • Le navire de guerre breton a sombré au large de Brest en 1512 lors d’une bataille épique contre les troupes anglaises.
  • Des fouilles sont actuellement menées avec le soutien de la région pour tenter de retrouver l’épave.
  • Les chercheurs espèrent également retrouver la trace du navire britannique Le Regent qui gît à ses côtés au fond de la mer.

C’était le 10 août 1512. Au terme d’un combat épique contre les troupes du roi Henri VIII d’Angleterre, le navire de guerre La Cordelière, commandé par le capitaine Hervé de Portzmoguer, sombrait au large des côtes finistériennes. Pendant plusieurs heures, la nef de 40 mètres de long, construite en 1498 sur ordre de la duchesse Anne de Bretagne, avait livré une bataille héroïque face au Regent, fleuron de l’armada britannique. « Les deux bateaux, chargés de munitions, ont fini par exploser avant de couler avec 1.500 hommes à bord », indique l’archéologue Michel L’Hour, directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm).

Cinq cent six années après le naufrage, les deux épaves des navires gisent toujours au fond de la mer. Pour tenter de les retrouver, une nouvelle campagne de fouilles sous-marines est actuellement menée dans le Finistère. La Drassm, qui conduit l’opération, a reçu le soutien financier de la région Bretagne, engagée depuis quelques mois dans la valorisation de son archéologie sous-marine à travers son appel à projets Neptune.

« On finira par retrouver ces épaves un jour »

Depuis lundi, l’André-Malraux, le navire d’exploration archéologique de la Drassm, explore une zone de 25 km² comprise entre l’entrée du goulet de Brest et la pointe Saint-Mathieu. « C’est la zone de haute probabilité que nous avons défini », précise Michel l’Hour. En parallèle des fouilles en mer, qui vont durer trois semaines et mobiliser une quinzaine de personnes, des chercheurs resteront à terre pour éplucher des archives en Bretagne, en France et en Angleterre pour tenter de « découvrir un témoignage encore inconnu susceptible de renseigner sur la localisation des épaves ».

Depuis les années 1980, deux autres campagnes de fouilles sous-marines ont déjà été menées pour tenter, en vain, de retrouver les épaves de La Cordelière et du Regent. « Nous sommes mieux armés compte tenu des évolutions qu’a connues l’archéologie sous-marine », assure Michel L’Hour, qui se montre tout de même assez prudent. « Peut-être qu’on ne trouvera rien la première fois. Mais on finira un jour par retrouver ces épaves, même si c’est dans trois siècles ! ».