L'avocate de la famille Draon, à qui l'Etat doit verser une indemnité de 2,488 millions d'euros pour son enfant né avec un handicap congénital non décelé, a souligné mercredi le "parcours du combattant" accompli par cette famille pour faire reconnaître ses droits.
L'avocate de la famille Draon, à qui l'Etat doit verser une indemnité de 2,488 millions d'euros pour son enfant né avec un handicap congénital non décelé, a souligné mercredi le "parcours du combattant" accompli par cette famille pour faire reconnaître ses droits. — Guy Harrold AFP/CNS-GENOSCOPE/Archives

Sciences

Un gène pour le cancer du poumon

MEDECINE – Trois équipes indépendantes viennent de découvrir un gène humain dont une variante prédispose ses porteurs au cancer du poumon…

Trois équipes internationales de chercheurs viennent de découvrir indépendamment un gène unique dont une variante assez répandue dans la population augmente sensiblement le risque de développer un cancer du poumon. Ces travaux sont publiées aujourd’hui dans les revues «Nature» et «Nature Genetics»: ils pourraient aboutir à la mise au point d'un test de prédisposition au cancer du poumon, qui affecte un million de personne dans le monde.


Génomes balayés

Les trois études ont pu réaliser cette avancée grâce à la technique d’analyse des associations sur le génome entier (Genome-Wide Association Studies ou GWAS), un ensemble de procédés biochimiques et informatiques qui permettent de «balayer» un à un les génomes de plusieurs individus et d’identifier, sur les chromosomes, des zones de susceptibilité aux cancers et aux maladies.

Les GWAS ont d’ores et déjà permis de découvrir une centaine de zones chromosomiques, appelées aussi «loci», dont les variations sont associées à un risque accru de diabète, de maladie cardiaque et de divers cancers (prostate, colon, sein). Mais c’est la première fois que cette technique permet de mettre en évidence sans équivoque un loci associé au cancer du poumon.


Nicotine et chromosome 15

Bien qu’elles aient travaillé de manière indépendante, les trois équipes internationales de médecins, de biologistes et de biochimistes ont toutes identifiées la même zone génétique située sur le grand bras du chromosome 15. Une zone dont les variations sont associées à une augmentation significative du risque de cancer du poumon.

Ce loci est situé dans une région où l’on retrouve aussi les gènes codant pour les récepteurs cellulaire à la nicotine. Les chercheurs doivent maintenant déterminer si ce loci provoque «directement» le cancer du poumon ou bien s’il agit indirectement, en favorisant par exemple l’addiction à la nicotine et donc la consommation de tabac – cause principale du cancer du poumon.

Des tests pour vivre mieux?

Ces travaux ont pour but la mise au point de tests génétiques individuels dépistant les prédispositions d’un sujet à développer certaines maladies. A terme, cela permettrait aux patients d’adopter une hygiène de vie optimisée et aux assurances maladie de mieux cibler leurs clients.