VIDEO. Des signaux des premières étoiles de l'univers sans doute détectés

ASTRONOMIE La découverte, si elle est confirmée, pourrait permettre de percer le mystère de la matière noire...

P.B. avec AFP

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Vue d'artiste d'une des premières étoiles de l'univers, qui se serait formée 180 millions d'années après le Big Bang.
Vue d'artiste d'une des premières étoiles de l'univers, qui se serait formée 180 millions d'années après le Big Bang. — NR Fuller, National Science Foundation

Que la lumière soit. A l’aube de l’Univers, 180 millions d’années après le Big Bang, des poches d’une soupe primordiale de gaz (hydrogène et hélium) se sont condensées sous l’influence de la gravité. Les premières étoiles, jusqu’à un million de fois plus massives que le Soleil, sont nées, illuminant le cosmos, et surtout créant la matière qui allait donner naissance aux galaxies et aux autres étoiles. Et lors de ce processus, les radiations ultraviolet ont laissé une signalture radio sur les atomes d’hydrogènes environnants. C’est ce signal que des scientifiques pensent avoir détecté pour la première fois avec un petit radiotélescope installé en Australie. La découverte, dévoilée dans la revue Nature mardi, devra cependant être confirmée par d’autres instruments.

« Hubble a permis d’observer les premières galaxies vieilles de 400 millions d’années. Ici, on observe une période deux fois plus jeune », se félicite l’astronome Judd Bowman, qui a mené une équipe de l’université d’Arizona State.

Possible prix Nobel si confirmé

« La détection apparente de la signature des premières étoiles dans l’Univers sera une découverte révolutionnaire si elle résiste au temps », déclare Brian Schmidt, prix Nobel de physique 2011, qui confie son « excitation ». « Il faut rester très prudent pour le moment », indique pour sa part à l’AFP Benoît Semelin, astrophysicien à l’Observatoire de Paris. « Mais si l’observation est confirmée, c’est une découverte majeure car elle impliquera de changer les modèles sur la naissance de l’Univers », ajoute-t-il.

L’intensité des signaux observés laisse supposer que l’Univers s’est refroidi plus vite qu’on ne le pensait, ce qui pourrait conduire à revoir les modèles cosmologiques et peut-être permettre de mieux comprendre la mystérieuse matière noire, invisible pour les télescopes.