VIDEO. Lancement du Falcon Heavy de SpaceX: Le gros coup médiatique d'Elon Musk

ESPACE Elon Musk a réussi son pari et pense déjà à la fusée suivante, qui devrait amener des hommes sur Mars...

Philippe Berry

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Le 6 février 2018, une fusée Falcon Heavy de SpaceX a mis en orbite une voiture de Tesla qui voyagera au-delà de Mars.
Le 6 février 2018, une fusée Falcon Heavy de SpaceX a mis en orbite une voiture de Tesla qui voyagera au-delà de Mars. — SPACEX

Un succès technologique et économique, mais surtout un gros coup médiatique. En testant avec succès sa fusée Falcon Heavy, « la plus puissante du monde » (mais pas de l’histoire), mardi, Elon Musk a mis en orbite ses ambitions, avec un Roadster de Tesla qui continue sa route vers Mars. Mais pour y transporter des humains, il faudra attendre la prochaine fusée de SpaceX.

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Un décollage parfait

Après plusieurs reports dus au vent, la mise à feu des trois boosters (propulseurs) a eu lieu à 15h45 (21h45 heure de Paris) sous le grand ciel bleu de Cap Canaveral, en Floride. Des dizaines de milliers de spectateurs et plusieurs millions d’internautes ont suivi l’ascension de la fusée « la plus puissante du monde ». Avec 27 moteurs Merlin, le Falcon Heavy génère une poussée de 2.500 tonnes équivalentes à 18 Boeing 747, et est capable d’emporter une charge de 63 tonnes. C’est trois fois plus qu’Ariane 5 et deux fois plus que la fusée Delta IV de United Launch Alliance, la joint-venture de Lockheed Martin et Boeing. Mais c’est moins que la fusée Saturn V de la Nasa lors du programme Apollo.

Deux atterrissages réussis sur trois

SpaceX avait déjà réussi une vingtaine d’atterrissages, sur Terre ou en mer. Pour la première fois, l’entreprise a réussi un double atterrissage synchronisé. Deux minutes et trente secondes après le décollage, les deux boosters latéraux se sont séparés de la fusée et sont repartis vers Cap Canaveral. Ils se sont posés tranquillement six minutes plus tard, sans vaciller.

On the rocket LZ

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Après plusieurs heures d’incertitude, Elon Musk a confirmé que le booster central, qui devait se poser sur une barge en mer, a raté sa cible à cause d’un moteur qui ne s’est pas allumé. L’engin a percuté l’eau à 500 km/h, à une centaine de mètres de la plateforme.

Starman dans l’espace

Au lieu d’emporter une charge factice, Elon Musk a décidé de s’offrir un coup de pub monumental en installant un Roadster de Tesla dans la tête de la fusée, au son de Space Oddity et de Life on Mars de David Bowie. Grâce à des caméras placées de chaque côté, SpaceX a offert pendant plusieurs heures un livestream assez irréel du mannequin en scaphandre Starman, au volant de la décapotable rouge, la Terre en arrière-plan.

Toujours poussée par la tête de la fusée, la voiture, si elle survit aux radiations de la ceinture de Van Allen, continuera sa route pendant six mois, vers une orbite lointaine qui devrait l’amener au-delà de Mars. Starman tournera alors autour du Soleil pendant des centaines de millions d’années. Le message Don’t Panic, qui a attisé la curiosité de nombreux internautes, est une référence au Guide du voyageur galactique, de Douglas Adams.

Et si des aliens découvrent un jour le véhicule, ils trouveront sur sa carte-mère l'inscription «Fabriqué par des humains sur Terre».

Printed on the circuit board of a car in deep space

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SpaceX pense déjà à la suite

Le Falcon Heavy sera avant tout destiné à lancer des gros satellites à un coût ultra-compétitif : 90 millions de dollars par lancement. Par kilo mis en orbite, c’est huit fois moins cher que son concurrent Delta IV Heavy. La stratégie de récupération des boosters semble payer pour Elon Musk. Mais ce dernier a revu les ambitions du Falcon Heavy à la baisse : SpaceX a finalement annulé ses projets d’utiliser son nouveau bébé pour transporter des humains sur la Lune. Le Falcon Heavy ne devrait donc pas être certifié pour des vols habités. Elon Musk a expliqué qu’il préférait se concentrer sur la prochaine fusée, capable d’emmener des hommes sur Mars. Son nom : BFR, pour Big Falcon Rocket (et pas Big Fucking Rocket). Les premiers tests sont attendus vers la mi-2020.

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