Un satellite français de la taille d'une bouteille d'eau s'apprête à épier une exoplanète

ESPACE PicSat, un nanosatellite français, part vendredi observer l’exoplanète Beta Pictoris, située à plus de 60 années-lumière de la Terre…

20 Minutes avec agences

— 

Illustration d'artiste de l'exoplanète Beta Pictoris b et de sa lointaine étoile, Beta Pictoris.
Illustration d'artiste de l'exoplanète Beta Pictoris b et de sa lointaine étoile, Beta Pictoris. — ESO/L. Calçada/Wikimedia Commons

Petit mais costaud ! PicSat, un mini-satellite français de la taille d’une bouteille d’eau, se lance dans l'espace. Pesant à peine 3,5 kilogrammes, il sera mis en orbite vendredi 12 janvier, à 505 kilomètres au-dessus de la Terre par le lanceur indien PSLV (Polar Satellite Launch Vehicle).

>> A lire aussi : La Terre et la Lune côte à côte sur une photo prise par la sonde Osiris-Rex

Depuis cet observatoire et muni d’un télescope de 5 centimètres de diamètre, il examinera une jeune étoile, Beta Pictoris, et son exoplanète. Situé à 63,4 années-lumière de la Terre, cet astre très brillant, entouré d’un grand disque de poussière, de gaz et de débris rocheux, n’est âgé « que » de 23 millions d’années.

Une découverte française

Une équipe française, dirigée par l’astrophysicienne Anne-Marie Lagrange, a découvert en 2009 une planète gazeuse géante, Beta Pictoris B, dans ce système solaire. Sept fois plus grosse que Jupiter, elle tourne autour de Beta Pictoris à 1,5 milliard de kilomètres de distance.

Vue infrarouge de l'environnement autour de l'étoile Beta Pictoris
Vue infrarouge de l'environnement autour de l'étoile Beta Pictoris - ESO/A.-M. Lagrange et al./Wikimedia Commons

Sylvestre Lacour, astrophysicien au CNRS et responsable de la mission, explique : « Lors d’une conférence consacrée à cette exoplanète, en 2014, nous nous sommes dit que, vue de la Terre, elle devrait passer devant son étoile en 2018. » Une occasion immanquable de voir ça de plus près, mission qui sera remplie par PicSat.

Une mission d’un an

L’observation de ce passage, qui se reproduit tous les 18 ans, devrait permettre de déduire la taille exacte de l’exoplanète, l’étendue de son atmosphère et sa composition chimique. Mais le phénomène ne durera que quelques heures. C’est pour pouvoir l’observer sans limite, de jour comme de nuit, par temps clair ou nuageux, que les scientifiques ont « eu l’idée de construire un tout petit satellite… Un mini-observatoire spatial », entièrement dévoué à Beta Pictoris, ajoute Sylvestre Lacour.

Schéma du mini-satellite PicSat.
Schéma du mini-satellite PicSat. - LESIA

Et s’il n’est « pas certain à 100 % que le transit va se produire », les scientifiques envisagent d’observer des objets annexes autour de l’étoile à la place. Le projet, financé par l’Union européenne, a été développé dans le laboratoire Lesia de l’Observatoire de Paris. PicSat, suivi par l’observatoire de Meudon (Ile-de-France), doit fonctionner un an.