Comment le programme spatial européen Galileo rêve de doper votre géolocalisation

ESPACE Quatre satellites Galileo ont été lancés mardi soir depuis la base de Kourou en Guyane française...

L.C.

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A gauche, des smartphones équipés de la géolocalisation Galileo. A droite, la fusée Ariane 5 décollant de Kourou le 12 décembre 2015.
A gauche, des smartphones équipés de la géolocalisation Galileo. A droite, la fusée Ariane 5 décollant de Kourou le 12 décembre 2015. — ESA–G. Porter, CC BY-SA 3.0 IGO // ESA-Manuel Pedoussaut
  • Ces quatre satellites s’ajoutent aux 18 déjà en orbite.
  • A terme, le système Galileo doit compter 20 satellites et rendre l’Europe totalement indépendante du GPS américain.

Galileo poursuit son chemin. Mardi soir, la fusée européenne Ariane 5 a décollé de Kourou en Guyane française et a mis sur orbite quatre satellites. Ils s’ajoutent au réseau de 18 satellites du programme de navigation européen. Ces engins de 715 kilos chacun propulsés à près de 23.000 kilomètres de vous ont un impact direct sur service que vous utilisez probablement tous les jours, la géolocalisation.

>> A lire aussi : Le système Galileo, concurrent européen du GPS, est (enfin) entré en fonction

Le programme Galileo, c’est quoi et à quoi ça sert ?

C’est le programme européen de navigation par satellite. Concrètement, c’est un ensemble de satellites mis sur orbite qui permettent de fournir des services de communication et surtout de géolocalisation pour le grand public, opérationnel depuis la fin de l’année 2016.

Il est probable que vous utilisiez déjà Galileo sans le savoir. « Tous les fabricants de téléphones mobiles intègrent à ce jour des puces multiconstellation qui permettent à l’utilisateur de se connecter à Galileo et aux autres systèmes de navigation par satellite », affirme Marie Ménard, responsable de la communication à Prague de l’Agence du GNSS européen. Trois ans après le lancement des premiers satellites, le réseau européen est accessible à de nombreux utilisateurs, au même titre que le GPS (développé par les Etats-Unis dès 1973), Glonass (développé par la Russie) ou Beidou (Chine).

Est-ce que c’est plus efficace que le GPS ?

C’est plus fiable et plus rapide selon l’association de consommateurs UFC Que Choisir, qui les a testés. Elle écrit ce mercredi que les smartphones qui peuvent se connecter au système Galileo, en plus d’autres systèmes de navigation par satellite, « sont plus précis que ceux qui se contentent du GPS, de Glonass ou de Beidou. Le temps nécessaire à la première localisation est également plus court et la précision est de 5 mètres contre 10-15 mètres ».

C’est normal, les satellites Galileo émettent tous en « bi fréquence », explique Marie Ménard. « Notre signal marche mieux que le GPS en milieu urbain, car il est moins bloqué par les immeubles ». C’est aussi valable dans les milieux denses comme la forêt, note l’UFC-Que Choisir. Le lancement de quatre satellites supplémentaires va permettre d’augmenter la disponibilité du signal à l’échelle mondiale, le rendre plus précis », poursuit Marie Ménard.

En plus de service grand public de géolocalisation, Galileo offre un service « Search and rescue » qui permet à des personnes équipées de balises d’envoyer des messages de détresse pour être localisées, où qu’elles soient dans le monde. Le programme européen fournit aussi un service commercial et un autre destiné aux utilisateurs institutionnels comme les polices ou les gouvernements.

Le programme Galileo est-il complet ?

Pas encore, mais ce dernier lancement complète un peu plus la constellation Galileo qui doit compter à terme 30 satellites en 2020. « Ce n’est pas parce que les satellites sont lancés qu’ils sont tout de suite opérationnels », explique Marie Ménard. « Il leur faut d’abord déplier leurs panneaux solaires puis réussir une série de tests avant d’être intégrés à la constellation ».

Lorsqu’il sera complet, Galileo pourra fonctionner seul et être indépendant des autres dispositifs de géopositionnement, dont le GPS. Mais les usagers pourront accéder à tous les dispositifs.

La GSA s’est réjouie de ce lancement réussi. « C’est important que l’Europe dispose d’un système de navigation par satellite, cela garantit l’indépendance de l’Europe, indispensable dans la situation géopolitique. De plus, la navigation par satellite représente 7 % de la richesse mondiale, ne pas avoir de système européen reviendrait à se priver de ces retombées économiques. Et puis c’est une force pour nos industriels européens que de pouvoir compter sur cette compétence très fine et développée », résume Marie Ménard.