Origine de l’homme moderne: Plusieurs vagues de migrations seraient parties d’Afrique

PREHISTOIRE Une nouvelle étude remet en question l'hypothèse d'une unique grande vague migratoire...

20 Minutes avec agences

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Illustration: un Homo sapiens tient le crâne d'un Homo neanderthalensis.
Illustration: un Homo sapiens tient le crâne d'un Homo neanderthalensis. — MARY EVANS/SIPA

L’Afrique, berceau de l’humanité, aurait été le point de départ de multiples vagues de migrations. C’est ce que révèle une étude dont les conclusions ont été publiées ce jeudi dans la revue Science. Une version qui vient contredire l’hypothèse communément admise d’une unique grande vague migratoire il y a environ 60.000 ans.

De nouvelles découvertes en Asie

Pour en arriver là, les chercheurs se sont appuyés sur de nouvelles découvertes, effectuées en Asie ces dix dernières années. Notamment la mise au jour des ossements d’Homo Sapiens en Chine qui montrent que celui-ci a parcouru de vastes distances beaucoup plus tôt qu’on ne le pensait sur le continent asiatique, s’approchant même de l’Océanie.

Des études récentes ont également confirmé que les populations non africaines actuelles descendent d’un seul groupe en Afrique, remontant à approximativement 60.000 ans. « Les migrations parties d’Afrique antérieures à 60.000 ans étaient probablement de petits groupes d’explorateurs et certains de ces mouvements migratoires ont laissé de faibles traces génétiques dans les populations humaines modernes », a confié Michael Petraglia, le principal auteur de ces travaux.

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Des gènes néandertaliens

Des croisements entre les hommes modernes et d’autres hominidés, comme les Néandertaliens ou les Denisoviens, auraient aussi eu lieu. Ainsi, à l’exception des Africains, les humains posséderaient à l’heure actuelle entre 1 et 4 % de gènes néandertaliens dans leur ADN, et ceux originaires du Pacifique auraient eux 5 % de gènes denisoviens.

« Cette collection d’indices nous donne une image des migrations humaines qui ne peut pas se limiter à une seule vague de population d’Ouest en Est », a expliqué Christopher Bae, chercheur de l’université d’Hawaï à Manoa, et co-auteur de l’étude. Pour ce scientifique, « il faut prendre en compte les variations écologiques et les différentes interactions entre les diverses populations d’hominidés présentes en Asie à la fin du Pléistocène, il y a 100.000 ans ».

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