Virus contre cancer

MEDECINE – Des chercheurs ont réussi à éliminer des tumeurs cérébrales grâce à l’inoculation d’un virus…

Yaroslav Pigenet

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CDC

Après le scalpel, les substances toxiques et les rayons, les médecins pourraient un jour s’en remettre aux virus pour liquider les tumeurs cancéreuses les plus inaccessibles. C’est ce que viennent de démontrer le neurochirurgien Anthony van den Pol et son équipe de l’Université de Yale (Etats-Unis) dans un article publié par la revue The Journal of Neuroscience.

Rage against the cancer

D’autres équipes ont déjà tenté d’utiliser des souches génétiquement modifiées des virus des oreillons, de l’herpès ou de la polio pour éliminer des myélomes et des tumeurs cérébrales, mais jusqu’ici, les résultats obtenus in vivo restaient très décevants. Pendant près de six ans, Van den Pol et ses collaborateurs ont testé l’effet de différents virus sur des tumeurs cérébrales humaines cultivées in vitro. Ils ont ainsi isolé une variante peu pathogène du virus de la rage – le virus de la stomatite vésiculeuse (VSV) – qui s’est révélée particulièrement virulente contre les cellules cancéreuses mais peu active dans les cellules normales.

Frappes virales chirurgicales

En injectant le VSV à des souris sur lesquelles avaient été transplantées des tumeurs cérébrales humaines, les chercheurs ont réussi à éliminer toute trace de cancer chez ces animaux. Quelques jours après l’inoculation, le virus a commencé à infecter et tuer spécifiquement les cellules cancéreuses tout en épargnant les cellules normales alentour. Mieux, en se répliquant à l’intérieur des cellules cancéreuses, le virus a construit une seconde ligne de défense contre les métastases qui auraient pu encore circuler dans l’organisme.

L’homme attendra un peu

Bien que ces résultats soient très encourageants sur un modèle animal, les chercheurs reconnaissent que leur procédé doit encore être amélioré avant de pouvoir être testé chez l’homme. Ainsi, l’équipe de Yale a dû administrer un puissant traitement immuno-suppresseur aux souris afin d’éviter que ces dernières rejettent leurs greffes de tumeur humaine. Sans ce traitement, qui rend l’organisme particulièrement vulnérable aux infections virales et bactériennes, il n’est pas sûr que le virus puisse survivre avant d’avoir atteint les tumeurs cancéreuses.

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