Toulouse: Par un miracle de la mémoire, ils se souviennent d'images anodines dix ans après

SCIENCES En rappelant des « cobayes » dix ans après, des chercheurs toulousains ont prouvé qu’ils gardaient le souvenir inconscient d’images anodines et furtives…

Hélène Ménal
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Plus on est jeune, plus on « imprime».
Plus on est jeune, plus on « imprime». — Purestock - Sipa

Certes, on peut se souvenir en un éclair, des décennies après, des prénoms de ses camarades de classe ou de la trame d’un de ses dessins animés préférés. Mais ce sont des souvenirs qui font appel à l’émotionnel et qui peuvent, sans surprise, laisser des traces dans la merveilleuse machinerie de notre cerveau.

Un exemple des

Mais qu’en est-il des images furtives, totalement anodines ? A Toulouse, des scientifiques du Centre de recherches Cerveau et Cognition (CNRS-Université Paul-Sabatier), ont voulu le savoir.

Ils ont confié à leur thésarde maison, Christelle Larzabal, la mission de rappeler, dix ans après, les volontaires d’une précédente expérience sur la mémoire destinée à comparer des sujets sains et ceux qui présentaient un début d’Alzheimer. A l’époque, des « cliparts » (fleur, fauteuil ou figures géométriques), images aussi banales que dénuées d’intérêt, avaient été montrés rapidement et sans explication aux « cobayes ».

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L’idée était donc de les leur présenter à nouveau pour voir s’ils s’en souvenaient. « Beaucoup ont accepté de revenir par jeu mais parmi eux certains ne se souvenaient même pas d’avoir passé le test, confie Christelle Larzabal. Moi-même, avec des images aussi peu fortes, j’étais presque persuadée que je n’allais rien prouver ».

Les atouts de la jeunesse…

Dans cette nouvelle expérience, le plus dur a été de trouver d’autres images d’époque que les volontaires n’avaient jamais vues. Les images ont été présentées deux par deux - une vraie, une fausse - au groupe d’il y a dix ans. Au global, ils ont obtenu 55 % de bonnes réponses.

Tandis qu’un groupe témoin qui répondait au hasard n’a fait un score que de 51 %, les « sujets » de la première étude ont fait jusqu’à 70 % de bonnes réponses, prouvant bien que les cliparts avaient laissé une empreinte profonde. « Les meilleurs, sont ceux qui étaient les plus jeunes à l’époque », précise la doctorante.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans le journal Cognition. L’étape suivante est de chercher les raisons biologiques de cette incroyable capacité de mémorisation. Les chercheurs toulousains penchent pour un « groupe de neurones hyperspécialisés ». Des petites usines à retenir ce qui, en théorie, ne sert à rien…