VIDEO. Sciences: Le secret de longévité des Amish pourrait profiter au monde entier

SANTE Certains membres de cette communauté vivent plus longtemps grâce à une mutation génétique très rare...

M.C. avec AFP

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Des membres de la communauté amish à Cleveland, le 19 septembre 2012.
Des membres de la communauté amish à Cleveland, le 19 septembre 2012. — Scott R. Galvin/AP/SIPA
  • Une mutation génétique très rare explique la longévité supérieure de certains membres de la communauté.
  • Ils vivent en moyenne dix ans de plus que leurs congénères privés de cette variation génétique.
  • Cette découverte pourrait permettre de lutter contre les maladies liées au vieillissement.

Prolonger la vie en bonne santé et l’espérance de vie en observant les Amish. Une mutation génétique très rare découverte chez certains membres de cette communauté religieuse aux Etats-Unis explique leur longévité supérieure, ce qui ouvre la voie à la conception de traitements contre la dégénérescence liée à l’âge, selon des chercheurs.

« C’est la première mutation génétique humaine qui se révèle avoir un impact multiple sur les changements biologiques résultant du vieillissement », explique à l’AFP le professeur Douglas Vaughan, président de la faculté de médecine Feinberg de l’université Northwestern à Chicago.

Ils vivent dix ans de plus en moyenne

L’étude, dont les conclusions sont parues mercredi dans la revue Science Advances, a été menée auprès de 177 Amish âgés de 18 à plus de 85 ans appartenant à la communauté de Berne, dans l’Indiana (nord des Etats-Unis).

Elle a montré que les 43 hommes et femmes porteurs de la mutation du gène Serpine1, responsable d’une forte réduction de la production de la protéine PAI-1, étaient en meilleure santé et vivaient en moyenne dix ans de plus (85 ans) que leurs congénères privés de cette variation génétique. L’espérance de vie aux Etats-Unis est de 78,8 ans. Leur profil métabolique était aussi plus sain et ils souffraient nettement moins de diabète et de maladies cardiovasculaires, a relevé l’équipe scientifique internationale.

Mutation génétique chez des populations isolées

Les chercheurs ont également constaté que les télomères de leurs cellules immunitaires étaient en moyenne 10 % plus longs. Le télomère est un morceau d’ADN situé à l’extrémité de chaque chromosome pour le protéger et qui se réduit à chaque division cellulaire, contribuant au vieillissement.

Le raccourcissement progressif des télomères entraîne le vieillissement biologique qui se traduit dans les cellules et les tissus de l’organisme par un accroissement de certaines protéines, dont la PAI-1 qui est la signature de la sénescence et qui a déjà été liée aux maladies cardiovasculaires.

« Le groupe d’Amish de Berne offre une occasion unique d’étudier les effets biologiques de cette mutation génétique et de la réduction de la protéine PAI-1 sur la longévité des humains », ont souligné les chercheurs, relevant l’utilité d’examiner des mutations génétiques chez des populations isolées géographiquement et génétiquement.

Le rôle fondamental du métabolisme

Leur étude s’est appuyée sur les résultats de précédents travaux, menés en particulier sur des souris, qui ont montré le rôle important de la PAI-1 dans la sénescence. Des observations chez les humains ont révélé que le niveau de cette protéine était plus élevé chez les obèses et les diabétiques, mettant en évidence le rôle fondamental du métabolisme dans la biologie du vieillissement.

La lutte contre la sénescence se concentre de ce fait sur la réduction des calories absorbées, pour ralentir le métabolisme, et sur des molécules produisant les mêmes effets comme la Metformine - un antidiabétique - et le Resvératrol, un anti-oxydant abondant dans le raisin. Tous ces traitements réduisent la protéine PAI-1.

Lutter contre les maladies liées au vieillissement

Des souris traitées avec la molécule expérimentale « TM5614 », qui neutralise cette protéine, ont été épargnées de toutes les pathologies liées à l’âge et ont vu leur durée de vie quadrupler. Cette molécule anti-vieillissement représente donc un solide espoir de traiter ou de prévenir des maladies humaines résultant de la sénescence.

« Nous pensons que ce médicament peut avoir un double effet en agissant sur les processus moléculaires du vieillissement mais aussi sur les maladies qui y sont liées », a indiqué le professeur Vaughan. Selon lui, « nous pouvons ainsi prolonger la vie en bonne santé… et aussi l’espérance de vie » comme le montre l’étude auprès des Amish.