VIDEO. OVNI: C'est quoi cette boule de lumière vue dans le ciel de l'est de la France et en Allemagne mardi?

METEORITE Sur les réseaux sociaux, de nombreux témoignages font état d’une grosse étoile filante dans le ciel de l’est de la France et de l’Allemagne mardi, vers 17 h 45, à laquelle s’intéressent justement des scientifiques…

Bruno Poussard

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Une météorite observée dans le ciel canadien en février 2015. Illustration
Une météorite observée dans le ciel canadien en février 2015. Illustration — Neil Zeller/AP/SIPA
  • Une grosse étoile filante a été aperçue par de nombreux habitants de l'est de la France et de l'Allemagne, mardi.
  • Il s'agit d'un bolide, un caillou de moins de 10 cm qui se serait consumé en entrant dans l'atmosphère.
  • Une trajectoire établie à partir de nombreux témoignages.

« Un truc lumineux (…) allant vers l’ouest », « une boule de feu verte », « une météorite avec un beau panache vert au-dessus d’Illzach », « une petite boule lumineuse durant une dizaine de secondes ». Sur Twitter, les témoignages d’un drôle de phénomène dans le ciel alsacien sont nombreux, tous publiés un peu avant 18 h, mardi soir.

Melissa, internaute strasbourgeoise, raconte à 20 Minutes:

«Je roulais au niveau du Parlement européen, je me dirigeais vers la Robertsau et j’ai vu une espèce de boule de feu jaune-rouge entourée de vert dans le ciel, allant plus ou moins vite, mais assez pour bien l’observer ! Et puis je l’ai vu disparaître parce qu’elle s’éloignait.»

Mais le phénomène lumineux a été observé encore plus largement : de la Franche-Comté à la Lorraine, ainsi que le rapportent plusieurs médias régionaux. Par ailleurs, et surtout, en Allemagne, d’après les témoignages publics enregistrés par le réseau scientifique et participatif Vigie ciel, d’ores et déjà  visibles sur une carte en ligne.

Un petit caillou de moins de 10 cm à 100 km de haut

Enregistrée par des vidéos, cette « boule de feu » est un bolide, selon le jargon. Astronome de l’Observatoire de Paris, François Colas reprend : « Ce phénomène lumineux n’est rien d’autre qu’une grosse étoile filante. » Un objet se consumant en pénétrant dans l’atmosphère, rendu brillant par l’énergie cinétique se transformant en lumière.

« Pour être brillant comme celui-là, il devait être environ à 100 km d’altitude, embraye le scientifique de l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides. Probablement de moins de dix centimètres, ce petit caillou a néanmoins sans doute disparu totalement sans toucher terre. » Pour avoir une chance, il aurait dû faire plus d’un mètre.

D’après la carte des témoignages, la trajectoire du météore tombé mardi se situerait au-dessus de l’Allemagne. Fréquemment détectés, de tels phénomènes sont pourtant rarement vus si largement. « Beaucoup surviennent en fait au petit matin, mais celui-là était assez brillant et en toute fin d’après-midi, complète l’astronome François Colas. En tout cas, s’il fait très beau, on peut en voir jusqu’à 500 km de distance. »

Des témoignages, écrits ou vidéos, recherchés

Responsable du nouveau réseau de recherche de météorites Fripon, lancé en 2016, le spécialiste peut aussi compter sur une centaine de caméras qui y sont consacrées en France : « Mais là, au crépuscule, elles n’étaient pas encore actives. Sur cet événement, on se fie donc totalement aux observations et aux caméras de vidéosurveillance privées. »

« D’ailleurs, si les gens qui ont de telles caméras veulent nous aider, ils peuvent regarder vers 17 h 45, mardi. Nous sommes preneurs de ces témoignages. »

Egalement récent, le portail Vigie ciel est chargé de récolter ces données d’observation, afin d’en savoir plus sur tous les bolides rentrés dans l’atmosphère. Coordinatrice de ce projet scientifique collaboratif, Asma Steinhausser espère créer une vaste communauté, autour des propriétaires de caméras, randonneurs, médiateurs scientifiques ou curieux :

« Comme le site Vigie nature, c’est une porte d’entrée vers les sciences auprès du grand public. »

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Parmi les partenaires du dispositif, elle peut d’ailleurs compter sur le planétarium de Strasbourg, ou d’Epinal. Mais Asma Steinhausser veut aller encore plus loin pour aller du météore au cratère, et retrouver de possibles traces de ces météorites à l’aide de ces mêmes observations et témoignages. Ce qui reste encore très rare.