Vaucluse: Découverte d’une protéine antigel utilisable pour la science comme pour l’agroalimentaire

DÉCOUVERTE Des chercheurs anglais et français sont parvenus à créer une protéine qui évite la formation de cristaux lors de la congélation…

Adrien Max

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Des blocs de glace dans la baise de Saint-Laurent.
Des blocs de glace dans la baise de Saint-Laurent. — Gerard Lacz / Rex Featu/REX/SIPA
  • Cette protéine va faciliter la cryogénisation de cellules, notamment reproductrices, ou des globules rouges.
  • Avec cette protéine, il n’y aura plus de paillettes de gel sur votre glace à la vanille car des applications dans l’agroalimentaire sont aussi envisageables.

Des chercheurs de l’université de Warwick, en Angleterre, du Centre de Recherches et d’Etudes Européen de Saint-Gobain à Cavaillon (Vaucluse) et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), ont découvert une protéine antigel biodégradable : la polyproline. 20 Minutes vous explique les applications possibles liées à cette découverte, qui date d’une quinzaine de jours.

Comment cette découverte a été possible ? Elle est le fruit du travail de deux équipes de chercheurs. Celle de l’université de Warwick travaille sur la cryogénisation des cellules, qui permet une conservation de ces cellules à des températures très basses (-196°C), dans l’espoir de les ressusciter. L’équipe du centre de recherche de Saint-Gobain, rattaché au CNRS, fait, elle, des recherches sur la céramique, et notamment ses utilisations industrielles.
« On se sert de la congélation et des cristaux de glace pour élaborer des céramiques poreuses. Par ce procédé, nous sommes capables de contrôler la croissance des cristaux, c’est dans ce contexte qu’on a contribué à comprendre comment la protéine fonctionne », explique Sylvain Deville, du centre de recherche de Saint-Gobain.

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Comment agit-elle ? Elle est composée d’une alternance de parties hydrophiles, c’est-à-dire attirées par l’eau, et hydrophobes, qui repoussent ou sont repoussées par l’eau. Cette particularité permet à la polyproline de bloquer la recristallisation.
« Quand on congèle de la glace à la vanille, au bout d’un certain moment des paillettes se forment et grossissent ce qui est dommageable pour les cellules. Cette protéine permet de ralentir très fortement l’apparition de cristaux », détaille Sylvain Deville. De plus, son interaction avec la glace ne produirait pas d’aiguilles, qui d’habitude peuvent endommager les membranes des cellules. La polyproline est aussi biodégradable.

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Quelles sont les utilisations possibles de cette protéine ? La polyproline trouve des utilisations principalement dans la cryogénisation de cellules, comme les cellules reproductrices, les globules rouges et le sang. « Ça permettrait d’améliorer les procédés car il y a toujours des pertes de cellules. On est aussi obligé d’ajouter des solvants pour éviter la croissance de cristaux de glace, qu’on doit éliminer lors de l’utilisation des cellules », ajoute le chercheur.

Des applications dans l’agroalimentaire sont également envisageables, comme avec l’exemple de la glace à la vanille « Elle est composée d’acides aminés donc j’imagine qu’elle est comestible. C’est d’autant plus important que le marché de l’agroalimentaire représente 30 millions de dollars, beaucoup plus que la cryogénisation », avance Sylvain Deville.

Elle pourrait également servir à la conservation du sang, notamment pour les militaires en plein désert qui ne peuvent pas transporter du sang liquide. A terme elle pourrait également permettre la cryogénisation de tissus, voire d’organes, « mais on en est encore loin », prévient Sylvain Deville.