Eurêka! Deux chercheurs rennais percent en partie le mystère de la dyslexie

SCIENCES La cause de ce trouble de la lecture serait cachée dans de minuscules récepteurs des yeux…

J.G. avec AFP

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Photo d'illustration d'un oeil.
Photo d'illustration d'un oeil. — V.CAPMAN/AP/SIPA

Voilà une lueur d’espoir pour les 700 millions de personnes dans le monde qui souffrent de dyslexie. Deux physiciens de l’université de Rennes 1, Guy Ropars et Albert Le Floch, pensent avoir trouvé une cause anatomique potentielle de ce trouble de la lecture. Selon leurs résultats, publiés ce mercredi dans la revue scientifique Proceedings of the Royal Society B., la cause de la dyslexie serait cachée dans de minuscules récepteurs des yeux.

Chez les personnes non atteintes par ce trouble, ces récepteurs de la lumière sont asymétriques et n’ont pas la même forme d’un œil à l’autre. Le cerveau choisit donc le signal envoyé par l’un des deux yeux pour créer l’image que voit la personne. Chez les dyslexiques en revanche, cette zone de l’œil, baptisée « la tache de Maxwell », est symétrique dans les deux yeux.

Une découverte qui entretient l’espoir d’un traitement

Selon les deux scientifiques, cela pourrait être source de confusion pour le cerveau en créant des « images-miroirs » entre lesquelles il est incapable de choisir. « L’asymétrie est nécessaire pour éliminer l’image miroir, qui empêche une lecture normale si elle persiste comme chez les dyslexiques », a indiqué Guy Ropars. « Pour les enfants et pour les adultes, l’asymétrie offre une nouvelle méthode de diagnostic relativement simple », a-t-il estimé.

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Guy Ropars et son collègue Albert Le Floch sont parvenus à ces conclusions en comparant deux groupes de 30 étudiants, l’un composé de dyslexiques et l’autre de non dyslexiques. « L’existence des délais entre l’image primaire et l’image miroir dans les hémisphères opposés (de l’ordre de 10 millisecondes) nous a permis de mettre au point une méthode pour effacer l’image miroir qui gêne tant les dyslexiques », grâce à l’utilisation d’une sorte de lampe stroboscopique à LED, a indiqué Guy Ropars. « Il existe d’autres possibilités de traitement pour contrecarrer la trop grande symétrie, utilisant la plasticité du cerveau. Elles pourront probablement être adaptées par des médecins », a-t-il affirmé.