VIDEO. Un «trou» grand comme trois fois la Bretagne découvert en Antarctique

MYSTERE Le phénomène intrigue les chercheurs...

M.C.

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La mer de Weddell (illustration).
La mer de Weddell (illustration). — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Un « trou » au milieu de l’Antarctique qui préoccupe les scientifiques. Une étendue d’eau de 80.000 km², soit trois fois la superficie de la Bretagne, a été découverte le mois dernier en pleine banquise dans la mer de Weddell, une partie de l’océan Austral presque entièrement recouverte de glace.

Un phénomène que les chercheurs peinent à expliquer. « C’est un trou assez remarquable », pour le physicien de l’atmosphère Kent Moore, professeur à l’université de Toronto à Mississauga. « C’est comme si on avait mis un coup de poing dans la glace », explique-t-il au site Motherboard.

« Si on n’avait pas de satellite, on ne saurait pas qu’il existe »

Ces étendues d’eau entourées de glace sont appelées polynies. Elles peuvent être formées par des remontées d’eau chaude à la surface (notamment à cause des courants marins) ou par des vents, mais on les observe généralement près du littoral, note Kent Moore, alors que le phénomène qui intrigue actuellement les scientifiques est localisé loin dans la banquise. « C’est à des centaines de kilomètres de la lisière. Si on n’avait pas de satellite, on ne saurait pas qu’il existe ». Autre particularité : sa taille. Les polynies peuvent habituellement atteindre quelques centaines de km², très loin de ce « monstre » de 80.000 km².

Une polynie avait déjà été observée dans la même zone de la mer de Weddell dans les années 1970, que les moyens de l’époque n’avaient pas permis d’étudier de près, selon Kent Moore. Après avoir disparu pendant quarante ans, le « trou » est revenu l’an dernier pour quelques semaines. Puis de nouveau cette année.

Parmi les possibles causes de la formation de ce phénomène, l’hypothèse du réchauffement climatique est avancée, mais les chercheurs ne souhaitent pas tirer de conclusions prématurées. Les possibles conséquences sur l’océan Austral et le climat de l’Antarctique ne sont pas non plus connues. A ce stade, « on ne comprend pas vraiment l’impact à long terme qu’auront les polynies », avoue Kent Moore.