De quoi peuvent bien parler cent astronautes réunis dans un même lieu?

CONGRES Politique internationale, futures explorations spatiales, progrès techniques… autant de sujets qui vont alimenter cette semaine les conversations de la centaine d’astronautes réunie en Congrès à la Cité de l’espace…

Beatrice Colin

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Une sortie extra-véhiculaire dans l'espace lors d'une mission sur la station spatiale internationale.
Une sortie extra-véhiculaire dans l'espace lors d'une mission sur la station spatiale internationale. — NASA/
  • Le 30e congrès des astronautes a lieu à la Cité de l’espace à Toulouse durant une semaine.
  • Une centaine d’astronautes, sur le cercle très fermé des 500 chanceux qui ont eu la chance de voir la Terre depuis l’espace, est annoncée.
  • Ils vont échanger entre eux, mais aussi avec le grand public.

Pas sûr qu’ils parlent de la pluie et du beau temps. S’ils ont les yeux rivés vers le ciel, c’est en général pour une tout autre raison. Jusqu’à vendredi, cent astronautes venus de 17 pays seront à la Cité de l’espace à l’occasion de leur 30e congrès organisé par l’Association des Space Exploreurs.

Cette association regroupe près de 400 des 500 astronautes et cosmonautes actuellement en vie. Un grand raout qui avait été organisé pour la première fois en France en 1985. Et depuis, ils ont fait du chemin, et plusieurs dizaines de milliers de kilomètres au-dessus de nos têtes. Alors, qu’ils se revoient, ils peuvent tirer des plans sur la comète. Mais pas que…

Missions futures

Les anciens devront se mettre au diapason auprès des plus jeunes qui ont déjà quelques heures de vol. Certes, ils ne manqueront pas de demander à Thomas Pesquet, l’un des derniers à avoir retrouvé le plancher des vaches, s’il est en forme. Mais il aura droit aussi à des questions plus pointues.

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« Quand j’ai volé il y a une quinzaine d’années, la station était en construction. Aujourd’hui, elle fonctionne. J’ai développé des tas de matériel que je n’ai pas vu voler et qui ont été utilisés par Thomas, ce qui m’intéresse c’est de savoir si ça marche, comment et ce que l’on va pouvoir faire de plus », explique Philippe Perrin, aujourd’hui pilote d’essai chez Airbus qui « joue » à domicile.

Ces dernières nouvelles de l’espace, tout comme le programme spatial habité chinois, sont au menu des sessions proposées durant la semaine. Ces visiteurs un peu particuliers ne manqueront pas non plus de parler du futur de l’exploration spatiale, des missions habitées vers Mars.

Pas de concurrence, des visées communes

« Nous sommes des astronautes professionnels, nous allons voir arriver des astronautes commerciaux sélectionnés par des entreprises, ce sont des choses dont on discute, sur lesquelles on réfléchit », relève Claudie Haigneré, la première femme française à avoir été en orbite. Aujourd’hui conseillère du directeur général de l’Agence spatiale européenne, elle abordera devant ses camarades le concept de « moon village ».

Un projet 100 % européen qu’elle évoquera sans problème devant les cosmonautes russes ou les taïkonautes. La guerre froide est bien loin et aujourd’hui la concurrence n’a plus court. Au sein de l’ISS on croise des astronautes d’un peu partout. Et cela crée des liens.

Le Toulousain Philippe Perrin, accueillera ainsi chez lui l’Allemand Gerhard Thiele ou encore l’Américain Mike Fincke, parrain de sa fille. « On va parler de ce qui se passe aux Etats-Unis, de la Cop 21 qui n’a pas été signée et de ce que l’on peut faire pour aider. Avec mon ami allemand, on discutera de l’avenir de l’Europe », explique l’astronaute.

Et jeudi, chacun d’entre eux ira prêcher la parole spatiale auprès des élèves de toute la France lors « Community Day », pour échanger avec le jeune public et susciter des vocations dans le domaine scientifique.