La consanguinité réhabilitée

Yaroslav Pigenet

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Les familles royales vont apprécier: contrairement à ce qu’on pensait jusqu’ici, une étude islandaise montre que les mariages consanguins ne sont pas si désatreux pour l’héritage génétique des descendants. Mieux, se marier entre cousins éloignés augmente la fertilité du couple et de ses enfants, preuve de bonne santé.

 
Des risques de la consanguinité

Se reproduire avec un partenaire non apparenté est généralement considérée comme bénéfique car on diminue ainsi le risque que sa descendance concentre les tares génétiques familiales. En effet, la plupart des maladies génétiques, comme la mucoviscidose ou la myopathie, ne se manifestent que si le même gène défectueux a été transmis à la fois par la mère et par le père. Ainsi plus père et mère sont apparentés, plus ils partagent de gènes en commun, plus grand est le risque pour les enfants de développer des maladies génétiques familiales.

 
Cousins fertiles

Pourtant une étude publiée vendredi dans Science montre qu’un peu de consanguinité peut augmenter la fertilité du couple et de sa descendance. Agnar Helgason et ses collègues de l’institut deCODE Genetics de Reykjavik (Islande) ont analysé les arbres généalogiques de près de 160.000 couples islandais mariés entre 1800 et 1965. Ils se sont ainsi aperçus que si les mariés étaient cousins ils avaient en moyenne plus d’enfant et de petits enfants que s’ils n’étaient pas apparentés.

 

Plus d’enfants, plus de petits-enfants

L’étude montre d’abord que les couples de cousins germain ou au second degré ont plus de bébés que les non apparentés, mais que ces enfants sont moins fertiles et meurent plus jeune. Ce qui concorde avec les études antérieures qui montrent que les descendants d’unions entre cousins germains ont un risque 4% plus élevé d’une mort par maladie.

 

En revanche, les cousins au troisième et au quatrième degré ont plus d’enfants et ceux-ci sont à leur tour plus fertiles que ceux dont les parents ne sont pas apparentés. Ainsi, entre 1925 et 1949, les femmes qui se sont mariées avec un cousin au troisième degré ont eu en moyenne 3,3 enfants et 6,6 petits-enfants; contre 2,5 enfants et 4,9 petits-enfants pour les mère mariées à des cousins au huitième degré ou plus.

 

Consanguinité contre compatibilité génétique

Selon les chercheurs, l’homogénéité sociale et économique de la population islandaise étudiée indique que cet avantage à la consanguinité a probablement une explication biologique et non culturelle. Ils évoquent notamment le risque de rejet du fœtus par le système immunitaire de sa mère quand les deux parents n’ont pas le même groupe sanguin rhésus (Rh).