VIDEO. Disparition du vol MH370: Toujours pas d’épave, mais un trésor de données pour les scientifiques

OCEANS Les recherches de l’avion ont nécessité de cartographier avec précision les fonds marins d’une zone de 120.000 km de l’océan indien. L’Australie vient de mettre en ligne ces données…

Fabrice Pouliquen
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Le navire australien Ocean Shield recherche l'épave du MH370 dans l'océan Indien, le 7 avril 2014.
Le navire australien Ocean Shield recherche l'épave du MH370 dans l'océan Indien, le 7 avril 2014. — XINHUA/SIPA
  • L’Australie vient de mettre en ligne les données scientifiques glanées lors des recherches de l’épave du MH370, le Boeing 777 disparu en mars 2014.
  • Si elles n’ont pas permis de retrouver l’épave, ces recherches ont permis de cartographier avec précision une vaste zone jusque-là méconnue de l’océan indien.
  • Une mine d’or pour les géologues et océanographes, mais aussi les pêcheurs.

L’avion MH370 de la Malaysia Airlines a disparu en mars 2014 avec 249 personnes à bord, alors qu’il devait relier Kuala Lumpur (Malaysie) à Pékin (Chine). Pendant trois ans, des équipes de recherche ont fouillé minutieusement une zone de 120.000 km² dans le sud de l’ océan Indien en quête de débris du Boeing 777.

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Ces recherches, les plus chères jamais entreprises dans l’histoire de l’aviation (le coût est estimé à 130 millions d’euros) ont été suspendues en janvier dernier, sans avoir permis de retrouver l’épave du Boeing 777, ni expliquer avec certitude pourquoi il a subitement disparu des radars.

« Seuls 10 à 15 % des océans cartographiés avec la même précision »

Paradoxalement, ces recherches n’ont pas été inutiles pour autant. Elles nécessitaient, pour première étape, d’établir une cartographie précise des fonds marins de la zone de recherche. Soit donc 120.000 km² dans la partie sud de l’océan, jusque-là peu connue de l’homme. C’est désormais l’inverse : « Seuls 10 à 15 % des océans ont été cartographiés avec une telle précision », évalue le Dr Stuart Minchin, de la Geoscience Australia, l’agence gouvernementale australienne qui fût chargée du volet scientifique des recherches du MH370.

Cette cartographie des fonds marins a permis de révéler l’existence de montagnes aussi larges que le mont Everest ou encore une vallée parsemée de volcans et longue de centaines de kilomètres, relate Quartz.

Utiles aux scientifiques comme aux pêcheurs

Le 19 juillet dernier, Geoscience Australia a publié en ligne les données cartographiques recueillies. Elles sont désormais accessibles au grand public. Le spectre des utilisations possibles est large. Elles devraient faire le bonheur des océanographes et des géologues. Ces données devraient aider les scientifiques à comprendre comment les tsunamis affectent cette région ou expliquer comment Gondwana, un ancien supercontinent formé il y a 600 millions d’années, s’est fracturé, écrit Quartz.

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Ce n’est pas tout. Les pêcheurs pourraient regarder de près ces cartes sous-marines pour déterminer les zones où ils auront le plus de chances de trouver des bancs de poissons, lance aussi Quartz. Pour le grand public, enfin, « nous avons lancé une carte interactive pour l’aider à utiliser les données et en apprendre plus sur les recherches du MH370 », indique Stuart Minchin.