VIDEO. L’astronomie est-elle en train de devenir «in» et d'attirer un public plus large?

ESPACE A l’occasion de l’organisation de la 27e édition des Nuits des étoiles, «20 Minutes» a enquêté sur l’ouverture de l’astronomie au grand public…

Arian Karimi

— 

La nébuleuse NGC 6334, surnommée la Patte de Chat, située dans la constellation du Scorpion.
La nébuleuse NGC 6334, surnommée la Patte de Chat, située dans la constellation du Scorpion. — E.S.O./SIPA

Alors que la 27e édition des Nuits des étoiles débute aujourd’hui, l’attrait du public pour l’astronomie prend de plus en plus d’ampleur. Il suffit d’observer le buzz sur la Toile des récents sujets ayant trait, de près ou de loin, à l’astronomie.

On peut citer pour exemple les photos du spationaute Thomas Pesquet, prise depuis l’ISS, à 400 kilomètres au-dessus de la terre ont été partagées des milliers de fois. Mais aussi, le buzz à la suite de la signature du contrat entre la société d’ Elon Musk et deux touristes, pour les faire voyager sur la Lune en 2018. Ou encore, la découverte récurrente de nouvelles exoplanètes, qui provoque à chaque fois de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.

>> A lire aussi : QUIZ. Nuits des étoiles: Connaissez-vous les constellations?

20 Minutes a recueilli vos témoignages et interrogé des experts sur l’ouverture de l’astronomie au grand public.

De nouveaux curieux chaque année

Les chiffres récoltés par le baromètre de l’Association française d’astronomie le prouvent. « Le nombre de personnes assistants à une soirée d’astronomie a clairement augmenté. Sur 10 ans, les chiffres montrent qu’il a même doublé » affirme Olivier Las Vergnas, le président de l’Association française d’astronomie (AFA). « La technologie vous permet aujourd’hui de faire de superbes photos astronomiques par vous-même. La qualité des images partagées sur les réseaux sociaux est vraiment magnifique. »

Les sites comme YouTube sont également à l’origine de ce nouvel engouement. Gabriel a commencé à s’intéresser sérieusement à l’astronomie il y a « environ un an et demi ». Sur le site de streaming, il dévore les vidéos des chaînes spécialisées : « La science n’a pas une très grande place dans les grands médias. Personnellement je regarde les vidéos de la chaîne de l’institut SETI pour m’informer. J’apprécie aussi la série Cosmos, crée par l’astronome Carl Sagan qui permet de vulgariser l’astronomie. »

>> A lire aussi : VIDEO. Première, deuxième, milliardième génération… Nous sommes tous des enfants d’immigrés extragalactiques

Pour Thomas, le déclic est venu d’Interstellar, réalisé par Christopher Nolan : « Le film m’a vraiment donné envie de m’intéresser à la théorie, particulièrement sur les trous noirs. Aujourd’hui il m’arrive fréquemment de regarder les étoiles à l’œil nu. »
Dans une société à la recherche de sens, l’astronomie provoque l’imagination et renvoi à des questions philosophiques liées à la place de l’Homme dans l’univers. Elle s’adresse donc à tous les publics.

Les Nuits des étoiles intéresse chaque année de nouveaux curieux. Michel Viso, exobiologiste au CNES, le Centre national d’études spatiales, le confirme : « C’est l’occasion de faire de l’émerveillement utile. Les gens doivent rêver, redécouvrir leur environnement et leur place dans l’univers. »

Représentation du système planétaire de Kepler-11.
Représentation du système planétaire de Kepler-11. - N.A.S.A./SIPA

Un simple émerveillement ?

Si un public de plus en plus large s’émerveille des joyaux du ciel, les férus d’astronomies, eux, se font plus rares. Jonas, amateur depuis l’école primaire l’explique : « Aller dans les clubs d’astronomie demande du temps et de l’investissement. »

Olivier Las Vergnas regrette que ces centres soient quelque peu délaissés : « Le nombre de clubs a très peu bougé depuis ces dernières années. Il faut amener plus de pratiquants dans les clubs, c’est notre objectif. » Beaucoup, comme Marine, fan de science-fiction, restent simplement intrigués par l’espace.

>> A lire aussi : Vis ma vie de Thomas Pesquet: Une balade dans l'ISS grâce à Google, ça vous tente?

Ce qui fait dire à Michel Viso que tout n’est pas lié à l’astronomie : « L’astronomie, c’est l’observation du ciel, la tendance qu’on a à déduire des explications, des lois scientifiques qui expliquent le comportement des objets célestes. Thomas Pesquet a fait des expériences en micropesanteur, relançant ainsi l’intérêt des questions techniques et scientifiques. Toute ne sont pas liées à l’astronomie. Quant à Elon Musk, il fait avant tout du spatial en créant des engins pour envoyer des objets dans l’espace. Ce n’est pas non plus une activité astronomique. »

Gabriel résume assez justement : « S’intéresser vraiment à l’astronomie demande des connaissances et du matériel d’une certaine valeur. Regarder les étoiles et écouter du David Bowie, c’est ouvert à tout le monde. »