Contraception masculine: Bientôt un «interrupteur» pour «désactiver» les spermatozoïdes?

ETUDE Deux substances naturelles auraient pour effet de couper l'afflux d'ions calcium vers les spermatozoïdes, empêchant ces derniers de pénétrer dans l'ovocyte et de le féconder...

20 Minutes avec agence
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Vue microscopique de spermatozoïdes.
Vue microscopique de spermatozoïdes. — DURAND FLORENCE/SIPA

Les scientifiques avancent sur la question de la contraception masculine et ont découvert une nouvelle piste pour éviter la fécondation : priver les spermatozoïdes de ce qui, une fois face à l’œuf, leur permet d’en traverser la paroi.

Or, deux substances auraient cet effet. Il s’agit du lupéol, présent notamment dans les olives et les mangues, et de la pristimérine, une herbe médicinale. C’est ce qu’avancent des chercheurs de l’université de Berkeley (Etats-Unis) dans une étude publiée ce lundi dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Empêcher le spermatozoïde de percer la membrane qui protège l’ovule

Les spécialistes sont partis du constat que, pour atteindre l’ovocyte, les spermatozoïdes doivent parcourir une distance équivalente à 24.000 fois leur taille et utilisent leur queue en se déplaçant comme un serpent.

Mais une fois arrivés, les plus chanceux doivent encore effectuer un autre mouvement avec leur appendice afin de percer la membrane qui protège l’œuf. Et c’est seulement grâce à un afflux massif d’ions calcium dans leur queue que les spermatozoïdes peuvent effectuer le « mouvement en tire-bouchon » qui peut leur laisser espérer de réussir la fécondation.

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Vers un nouveau type de contraception ?

Pour les scientifiques, il suffirait donc de couper net cette arrivée d’ions pour empêcher la pénétration dans l’œuf et donc la grossesse. Et après avoir testé une cinquantaine de substances, les chercheurs ont découvert que la pristimérine et le lupéol pouvaient jouer efficacement ce rôle d’interrupteur.

Avec, à la clé, un nouveau type de contraception masculine sur laquelle travaillent déjà les auteurs de l’étude, réalisée sur du sperme humain en laboratoire. Comme l’explique Wired, des tests ont débuté sur des singes afin de déterminer le dosage nécessaire ainsi que la durée pendant laquelle les substances désactivent le flux d’ions calcium. Les premiers résultats sont attendus avant la fin de l’année.