L'odorat de l'Homme serait aussi développé que celui du chien ou du rat

ETUDE Les humains seraient capables de distinguer un milliard de milliards d’odeurs différentes...

20 Minutes avec agences

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L'atelier odorat de la Cité du Vin
L'atelier odorat de la Cité du Vin — Clément Carpentier

En matière d’odorat, l’Homme n’aurait rien à envier aux rats ou aux chiens, aux « nez » réputés parmi les meilleurs du règne animal. La raison ? « le bulbe olfactif humain qui transmet des signaux à d’autres zones du cerveau pour aider à identifier les odeurs est plutôt développé et contient un nombre similaire de neurones que chez les autres mammifères », explique le scientifique John McGann.

Professeur adjoint de psychologie à l’Université Rutgers, dans le New Jersey (Etats-Unis), il est le principal auteur de travaux publiés ce jeudi dans la revue Science et basés sur un ensemble d’études.

L’urine pour les chiens, le vin pour l’humain

Selon l’équipe de chercheurs, les humains seraient ainsi capables de distinguer un milliard de milliards d’odeurs différentes, soit largement plus que les quelque 10.000 mentionnées dans les manuels de psychologie.

Des différences sont toutefois perceptibles entre l’Homme et les chiens par exemple. Ces derniers seraient ainsi probablement meilleurs pour détecter les différentes odeurs de l’urine, quand l’odorat humain surpasserait les canidés pour sentir la palette des effluves d’un grand vin.

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Une croyance remontant au XIXe siècle

Ces nouvelles affirmations viennent balayer une croyance entretenue depuis des décennies. En effet, les auteurs de l’étude estiment que les préjugés sur la capacité de l’odorat humain remontent au neurologue et anthropologue français du XIXe siècle, Paul Broca, selon qui l’homme dispose d’un appareil olfactif limité.

« Il y a une croyance culturelle ancienne selon laquelle pour qu’une personne soit rationnelle et raisonnable, elle ne peut pas être dominée dans ses actions par le sens de l’odorat, vu comme purement animal », résume ainsi le professeur John McGann.

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