Préhistoire: De l'ADN découvert dans des sédiments, sans ossements ni fossiles, une première

PALEONTOLOGIE Une avancée permise par les récents progrès effectués en matière de technologie, dont le séquençage rapide...

20 Minutes avec agences

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Illustration sur le séquençage ADN à l'Institut Pasteur de Lille.
Illustration sur le séquençage ADN à l'Institut Pasteur de Lille. — M.Libert / Archives 20 Minutes

Pour la première fois dans l’histoire de la paléontologie, des scientifiques ont réussi à isoler de l’ADN provenant d’humains et d’animaux sans pour autant avoir à leur disposition des ossements ou des fossiles, mais uniquement des sédiments.

Cette nouvelle méthode est saluée par la communauté des spécialistes car elle permet d’obtenir des informations sur l’éventuelle présence passée d’espèces spécifiques sur certains sites, et ce même quand aucun reste d’ossements ou de squelette fossilisé n’est analysable.

85 échantillons de sédiments passés au crible

Comme l’expliquent les chercheurs dans une étude publiée ce jeudi dans Science, c’est en utilisant des fragments d’ADN mitochondrial, le plus abondant, que les spécialistes sont arrivés à leurs fins.

Les paléontologues ont en effet étudié 85 échantillons de sédiments datant du Pléistocène, une période s’étendant de 550.000 ans à 14.000 ans avant notre ère, prélevés dans des grottes de Belgique, Croatie, France, Russie et Espagne.

De récents progrès en matière de technologie

La raison ? Les scientifiques savaient que des néandertaliens et des denisoviens, ancêtres préhistoriques de l’homme moderne, ainsi que divers animaux, avaient vécu sur ces sites. En outre, les sédiments peuvent contenir des traces ADN notamment laissées par les excréments ou la décomposition des corps, qui ont été utilisés.

Encore fallait-il réussir à les détecter. C’est désormais chose faite, et ce grâce aux récents progrès effectués en matière de technologie, dont le séquençage rapide. « C’est un peu comme si on découvrait qu’il est possible d’extraire de l’or de la poussière en suspension dans l’air », résume au sujet de cette nouvelle technique Adam Siepel, un généticien américain qui n’a pas participé à ces travaux.

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Humains, mais aussi bovins, chiens, chevaux…

En analysant les sols des grottes, les auteurs de l’étude ont ainsi pu déterminer la présence de néandertaliens d’âges et de sexes différents, de bovins, de chiens, de cervidés, de chevaux ou encore d’un mammouth laineux disparu il y a quelque 4.000 ans et d’une espèce de rhinocéros éteinte, elle, depuis environ 30.000 ans.

« Cet ADN de la mégafaune peut renseigner sur le régime alimentaire des néandertaliens et des denisoviens », se félicite Carles Lalueza Fox, co-auteure de l’étude.