Un utérus artificiel pour réduire la mortalité des grands prématurés?

SANTE

L.Gam. avec AFP

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Un bébé prématuré à la naissance
Un bébé prématuré à la naissance — Philippe Huguen AFP

Des résultats encourageants sur... des agneaux ! Des chercheurs de l'hôpital pour enfants de Philadelphie ont conçu un appareil constitué d'une poche en plastique remplie de fluide, avec un système qui fournit de l'oxygène relié au cordon ombilical, reconstituant ainsi le milieu dans lequel le foetus évolue avant la naissance.

Cet appareil reproduisant l'environnement d'un utérus pourrait permettre d'améliorer la survie des grands prématurés et de diminuer leurs séquelles, d'après une étude parue aujourd'hui.

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Une expérimentation encourageante

Les foetus d'agneau ont été introduits dans l'appareil après 15 à 16 semaines de gestation, un stade où le développement de leurs poumons est équivalent à celui d'un foetus humain « prématuré extrême », de 23 à 24 semaines, a expliqué Alan Flake, l'un des auteurs de l'étude, au cours d'une conférence téléphonique. Sept d'entre eux ont pu y être maintenus plus de 25 jours. C'est la première fois qu'un système externe parvient à maintenir les fonctions vitales et assurer le développement d'un foetus animal pendant aussi longtemps, souligne l'étude.

D'après Alan Flake, transposer ce dispositif chez les bébés prématurés extrêmes, en les y maintenant jusqu'à leur 28e semaine de « gestation », permettrait de faire chuter leur taux de mortalité de 90% à moins de 10% et le risque de séquelles, de 90% à 30%.

Un bébé humain est considéré comme prématuré s'il naît avant 37 semaines et prématuré « critique » avant 26 semaines.

Des essais chez l'homme d'ici 3 à 5 ans

Aujourd'hui, les grands prématurés qui ne peuvent respirer de façon autonome sont intubés et mis sous respirateur artificiel, ce qui stoppe le développement de leurs poumons et les expose à des infections, explique Alan Flake. « Ces enfants ont un besoin urgent d'un relais entre l'utérus de leur mère et le monde extérieur », plaide le spécialiste de chirurgie foetale.

Les chercheurs doivent approfondir leurs tests chez l'animal avant d'envisager de passer à des essais chez l'homme, d'ici « trois à cinq ans », a-t-il toutefois prévenu.