De nouvelles pistes contre le sida

Yaroslav Pigenet

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L'épidémie de sida marque le pas en France, avec 6.300 nouveaux diagnostics d'infections par le VIH en 2006 contre 7.000 en 2004 et 6.700 en 2005, a annoncé Roselyne Bachelot lundi , qui a affiché son intention de faciliter le dépistage et l'accès au préservatif.
L'épidémie de sida marque le pas en France, avec 6.300 nouveaux diagnostics d'infections par le VIH en 2006 contre 7.000 en 2004 et 6.700 en 2005, a annoncé Roselyne Bachelot lundi , qui a affiché son intention de faciliter le dépistage et l'accès au préservatif. — AFP/DPA/Arch.

Parasite parfait, le virus VIH, responsable du sida, tire sa force de sa capacité à utiliser pour sa propre multiplication les protéines fabriquées par les cellules qu’il infecte. En parvenant à isoler plus de 250 de ces protéines «complices» du virus, Abraham Brass et ses collègues de la Harvard Medical School de Boston (Etats-Unis) pensent donc avoir mis à jour autant de cibles potentielles de médicaments contre le sida.

 
15 protéines pour le VIH

Pour se répliquer et infecter des cellules humaines, le VIH ne produit lui-même que 15 protéines différentes. Ce sont ces protéines qui sont généralement ciblées par les cocktails anti-viraux actuels. Cependant le virus évolue rapidement, ses protéines mutent et les traitements finissent par perdre leur efficacité.

 

Certains chercheurs se sont donc demandés s’il ne serait pas plus efficace de cibler les protéines – produites par la cellule infectée- que le VIH utilise pour se propager. En effet, celles-ci mutent beaucoup moins rapidement et ont donc moins de chance de permettre le développement de résistance.

 
Gènes complices

Jusqu’ici, on n’avait identifié qu’une vingtaine de protéines humaines impliquées dans la réplication du virus. La nouvelle étude menée par Abraham Brass et publiée vendredi dans Science multiplie par 10 le nombre de cibles potentielles. Les chercheurs ont infecté au VIH différentes lignées de cellules humaines dans lesquelles ils ont inactivés, un à un, la presque totalité des gènes humains codant pour des protéines. Ils ont ensuite évalué la capacité de ces lignées à transmettre leur infection à d’autres cellules humaines.

 
De nouveaux cocktails antiviraux

Brass et ses collaborateurs ont ainsi identifié 273 gènes codant pour des protéines dont l’inactivation semble affecter la capacité d’infection du virus. En attendant d’élucider le rôle exact de chacune de ces protéines dans l’infection VIH, ils espèrent que cet inventaire va permettre à d’autres chercheurs d’élaborer de nouveaux cocktails antiviraux, plus efficaces et moins susceptibles d’entraîner des résistances.