Si les hommes préhistoriques étaient cannibales, ce n'était pas juste pour se nourrir

ETUDE Les raisons de cette anthropophagie seraient peut-être davantage «culturelles ou sociales» que purement alimentaires, selon un chercheur britannique...

20 Minutes avec agences

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Représentation d'un homme de Néandertal au Musée national de la préshistoire de Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil, le 2 juillet 2008.
Représentation d'un homme de Néandertal au Musée national de la préshistoire de Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil, le 2 juillet 2008. — PIERRE ANDRIEU / AFP

Le doute n’est plus permis, les hommes préhistoriques ont pratiqué le cannibalisme. Pour comprendre cette pratique, un chercheur britannique a évalué la valeur nutritionnelle du corps humain. Verdict : nous ne constituons pas un repas si intéressant que ça. L’objectif du cannibalisme n’était donc pas seulement alimentaire.

Pour parvenir à cette conclusion, James Cole, spécialiste du paléolithique à l’Université de Brighton (Royaume-Uni), a établi un tableau des différentes parties du corps humain pour leurs valeurs nutritionnelles respectives en calories (graisse et protéine) en fonction de leur poids. Cette table a été publiée ce jeudi dans la revue Scientific Reports.

« Une espèce plutôt maigre »

Bilan : le cerveau et la moelle épinière offrent le meilleur rapport poids/calories. Les muscles des cuisses (protéines) offrent aussi un bon potentiel, mais les parties les plus nourrissantes restent les tissus adipeux (la graisse). En résumé, « l’homme est une espèce plutôt maigre », explique James Cole.

« Sur le plan des calories, nous correspondons à un animal de notre taille et de notre poids (…) Mais nous ne sommes pas très nourrissants comparé aux gros animaux que les premiers hommes chassaient et mangeaient » ajoute le chercheur. Mammouth, ours, sanglier, castor ou bison représentaient, à l’inverse, un bien meilleur choix.

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Un « comportement complexe »

Selon James Cole, un homme de 66 kilos offre ainsi en moyenne 1.300 calories par kilo de muscle. Le mammouth garantit, lui, 2.000 calories par kilo, tandis que le sanglier, l’ours ou le castor représentent 4.000 calories par kilo de muscle. En moyenne trois fois plus que l’homme.

Ainsi, cinq ou six individus procureront « toujours moins de calories qu’un seul cheval ou un bison » a précisé James Cole. « Qui plus est, l’homme est plus intelligent et son comportement est complexe. Ce devait être plus difficile de tuer six hommes qu’un cheval. »

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Les raisons de cette anthropophagie seraient donc peut-être davantage « culturelles ou sociales » que purement alimentaires, a avancé le chercheur. Selon lui, nos ancêtres auraient plutôt pratiqué un cannibalisme guerrier, qui consiste à manger ses ennemis, ou rituel, probablement mortuaire.