Prothèses pour animaux: «On reçoit de plus en plus de demandes de propriétaires»

INTERVIEW Une prothèse coûte au moins 1.500 euros pour un chien…

Propos recueillis par Lucie Bras

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Un chien se fait vacciner dans un camp vétérinaire en Inde (Illustration).
Un chien se fait vacciner dans un camp vétérinaire en Inde (Illustration). — NOAH SEELAM / AFP

Pattes mutilées, doigts amputés ou animaux blessés… Les prothèses pour chiens commencent à se populariser en France. A Maisons-Alfort, à proximité de Paris, le centre de rééducation Alforme équipe des chiens (mais pas les chats, trop intolérants à ces actes médicaux) avec des prothèses sur-mesure.

Artem Rogalev, directeur du centre et vétérinaire, appareille une dizaine de chiens chaque année. Il raconte les nombreuses étapes de cette solution médicale encore trop peu connue.

Quelles sont les conditions pour équiper un chien avec une prothèse ?

Il existe différents types de handicaps mais pour mettre une prothèse, il faut l’emboîter sur un moignon restant. Si l’animal n’a plus de moignon, on ne peut rien faire.

On regarde aussi la hauteur de la patte restante, qui est très importante. Plus elle est courte, plus le maintien va être difficile. Chez les animaux, il y a des difficultés en plus par rapport à l’Homme : par exemple, leurs membres ne sont pas cylindriques, les pattes sont coniques, larges en haut et fines en bas. Plus la patte est longue, plus il y a de chances de maintien. Enfin, il faut que l’amputation soit récente : si l’animal est amputé depuis longtemps, il a appris de se débrouiller sur trois pattes, les chances de réussite sont moindres.

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A quoi ressemble une prothèse pour animaux ?

Elles sont réalisées en plastique thermoformable. A l’intérieur, il y a une mousse à mémoire de forme. On travaille avec des orthoprothésistes qui fabriquent des prothèses pour les humains. Les prothèses sont réalisées sur-mesure : on fait des mesures, et un premier moulage de l’extrémité de la patte en plâtre. Dans son atelier, le prothésiste peut ainsi travailler comme s’il était sur la vraie patte du chien, un peu déformée, avec tous ses reliefs.

Est-ce un acte démocratisé en France ?

Non, c’est nouveau. Ça commence à apparaître mais c’est peu développé. Il y a peu de structures qui le pratiquent, à l’inverse des pays anglo-saxons et nord-américains où l’on trouve plus d’entreprises qui font de la prothèse animale. Il existe même en Angleterre un vétérinaire qui pose des prothèses intégrées, que l’on ne peut plus enlever. La France est en train de suivre cette voie : on reçoit de plus en plus de demandes de propriétaires.

L’autre frein, c’est le coût important, autour de 1.500 euros. Ça augmente dans des cas plus complexes. Ce qu’il faut saisir, c’est que c’est plus cher chez l’homme, où une prothèse coûte de 10.000 à 100.000 euros.