Par peur du gouvernement Trump, les climatologues sauvegardent frénétiquement leurs données

PLANETE Ils redoutent une chasse aux sorcières et veulent protéger leurs travaux...

P.B. avec AFP

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Un ours polaire dans l'Arctique (illustration).
Un ours polaire dans l'Arctique (illustration). — G.LLOYD/SIPA/AP

Climatologue, une espèce menacée sous Donald Trump ? Craignant une purge, la communauté scientifique organise une sauvegarde massive des données gouvernementales sur le climat. Et vu les premiers signaux envoyés par Trump, qui a nommé trois amis du pétrole et du charbon à l’Environnement, à l’Energie et à l’Interieur, leur initiative rencontre un large succès.

C’est le météorologue américain Eric Holthaus qui a lancé l’opération #datarefuge le week-end dernier avec un appel sur Twitter : « Chercheurs : Vous avez une base de données en. gov du climat que vous ne voulez pas voir disparaître ? Ajoutez-la ici ».

Selon le Google doc mis en place, plus de 50 bases de données représentant des dizaines de téraoctets, notamment de la Nasa et du département de l’Energie, ont été soumises et sont en cours de sauvegarde sur des serveurs non gouvernementaux accessibles au public.

« C’est l’inquisition »

Holthaus prend l’exemple canadien de Stephen Harper, qui avait mené la vie dure aux chercheurs. Selon lui, « vu ses choix, Trump a décidé de déclarer la guerre à la science. C’est l’inquisition. C’est l’autodafé du 21e siècle ».

De fait, l’équipe de Trump a adressé un questionnaire à l’administration Obama, cette semaine, demandant les noms de toutes les personnes ayant travaillé sur le climat au département de l’Energie (DoE). Ce dernier a poliment refusé, répondant : « Nous fournirons toutes les informations accessibles publiquement mais nous ne transmettrons aucun nom. »

Le questionnaire « pas autorisé »

Outre l’identité des personnes ayant travaillé sur le climat, la note de l’équipe Trump demandait la liste de tous les employés du ministère et de ses sous-traitants qui ont participé aux discussions internationales sur le climat organisées par les Nations unies depuis cinq ans. Ils requièrent aussi tous les articles publiés par les chercheurs des 17 laboratoires nationaux du DoE ces trois dernières années et veulent savoir lesquels appartiennent à un syndicat et à des associations professionnelles.

Interrogé par l’AFP, un membre de l’équipe de transition de Trump a indiqué mercredi, sous couvert d’anonymat que « le questionnaire n’avait pas été autorisé ou ne faisait pas partie du protocole standard ». La personne qui l’a envoyé a « été rappelée à l’ordre ». Mouais.