Variole: L’infection pourrait être apparue chez les humains plus récemment qu’on ne le pensait

SANTE C’est ce que suggère la découverte «surprise» de l’ADN du plus ancien virus de la maladie connu à ce jour…

20 Minutes avec agences

— 

Illustration sur le séquençage ADN à l'Institut Pasteur de Lille.
Illustration sur le séquençage ADN à l'Institut Pasteur de Lille. — M.Libert / Archives 20 Minutes

Le virus de la variole pourrait être apparu chez les humains plus récemment qu’on ne le pensait et aurait subi plusieurs mutations. Telles sont les pistes avancées après la découverte « surprise », dans une crypte en Lituanie, de l’ADN d’un virus de la maladie dans le corps momifié d’un enfant mort au XVIIe siècle. Elle fait l’objet d’une étude, publiée ce jeudi dans la revue Current Biology.

Des spécimens de la variole existent seulement dans des congélateurs sécurisés dans des laboratoires, après l’éradication de l’infection à la fin des années 1970 grâce à une campagne de vaccination.

Un séquençage de l’ADN pour lever le voile sur les origines de la maladie

Mais les origines de ce virus restent inconnues et la découverte, puis le séquençage de l’ADN viral de ce plus ancien agent pathogène connu, pourraient permettre de lever le voile sur les origines de cette maladie infectieuse.

En effet, « il y a des signes que des momies égyptiennes vieilles de 3.000 à 4.000 ans avaient des marques rappelant des peaux grêlées, interprétées comme résultant des pustules caractéristiques de la variole », explique Ana Duggan, chercheuse à l’Université McMaster (Canada), principale auteure de ces travaux.

>> A lire aussi : Peste, choléra, syphilis… Ces épidémies que l’on croyait disparues

Les Égyptiens de l’époque de Ramsès ne souffraient peut-être pas de variole

Mais selon elle, « cette dernière découverte remet vraiment en question cette interprétation (…) ». Les scientifiques ont en effet reconstitué le génome complet de la souche trouvée dans le corps momifié et l’ont comparé à ceux de virus de la variole datant du milieu du XIXe siècle et également de la période précédant l’éradication de l’infection, à la fin des années 1970.

Bilan : ces virus avaient un ancêtre viral commun, apparu entre 1588 et 1645, période où le virus a pu se propager à travers le globe avec les nombreuses explorations. Ainsi, les Égyptiens de l’époque de Ramsès ne souffraient peut-être pas de variole mais seulement de varicelle et de la rougeole, selon les chercheurs.

En outre, les scientifiques ont, grâce à leurs travaux, mis en évidence des périodes distinctes d’évolution virale. Notamment lorsque le médecin anglais Edward Jenner a créé son vaccin contre le virus de la variole au XVIIIe siècle. Pendant cette période, le virus se serait divisé en deux souches, ce qui suggère que la vaccination a pu exercer une pression forçant l’agent pathogène à s’adapter.

>> A lire aussi : Marqué par la variole, Robespierre souffrait probablement aussi de sarcoïdose