Les 5 questions que vous vous posez sur la mission de Thomas Pesquet dans l'espace

AEROSPATIALE L’astronaute français et ses deux coéquipiers doivent décoller dans la nuit de jeudi à vendredi du cosmodrome de Baïkonour vers la Station spatiale internationale (ISS)…

Delphine Bancaud

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Thomas Pesquet, à Baikonur , le 16, novembre 2016. (AP Photo/Dmitry Lovetsky)
Thomas Pesquet, à Baikonur , le 16, novembre 2016. (AP Photo/Dmitry Lovetsky) — Dmitry Lovetsky/AP/SIPA

Ce sera l’un des voyages les plus mémorables de sa vie. L’astronaute français Thomas Pesquet et ses acolytes doivent décoller à 21h20 (un évènement à suivre en live dès 20h00) du cosmodrome de Baïkonour (Kazakhstan) vers la Station spatiale internationale (ISS) pour une mission de six mois, baptisée Proxima. L’occasion pour 20 Minutes de répondre aux questions que vous vous posez (sans doute) sur cette mission.

Que va-t-il faire dans l’espace ?

En six mois sur l’ISS, Thomas Pesquet doit mener 62 expériences pour le compte de l’Agence spatiale européenne (ESA) et du Centre national d’études spatiales (CNES), l’agence spatiale française. Sans compter les 55 autres expériences qui doivent être menées en coopération avec les agences spatiales américaines, canadienne et japonaise.

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Le Français étudiera ainsi l’impact de l’apesanteur sur la musculature, dont les résultats pourraient aider à soigner les myopathies. Il essaiera aussi des technologies susceptibles de révolutionner la purification de l’eau ou des matières autonettoyantes utilisables à terme dans les hôpitaux. Il a même dû subir un prélèvement d’un petit morceau du mollet qui pourra ainsi être comparé avec ses muscles après son séjour dans l’espace. Il va aussi devoir faire « des missions opérationnelles et de maintenance de la station », précise aussi le CNES dans une vidéo.

Pourquoi faut-il deux jours au lanceur Soyouz pour atteindre l’ISS ?

La station spatiale internationale (ISS) se trouve à 420 km du globe terrestre. Mais l’arrimage de la capsule Soyouz au vaisseau orbital est seulement prévu samedi 19 novembre à 22h.Une bonne raison à cela : Soyouz va devoir effectuer 34 orbites autour de la Terre pour se mettre à la même altitude que l’ISS (qui tourne à 28.000 km/h) puis s’y arrimer.

Thomas Pesquet sera-t-il bizuté par ses coéquipiers ?

Face à ses coéquipiers (le Russe Oleg Novitsky, commandant de bord et l’Américaine Peggy Whitson), Thomas Pesquet, 38 ans, fait figure de petit jeune. Ce sera son premier vol. Du coup, il a eu le droit comme chaque nouvel astronaute de planter un arbre dans l’allée des Héros, un parc aménagé derrière l’hôtel où logent les équipages.

Il a aussi eu l’occasion mercredi soir de découvrir certains rituels de ses camarades avant un vol. Comme regarder Le Soleil blanc du désert, classique du cinéma soviétique des années 1970, diffusé à chaque équipage la veille de son départ. Ou signer la porte de sa chambre d’hôtel le jour du départ, avant de trinquer avec le personnel. Ou encore d’uriner, ou au moins d'en mimer le geste, sur la roue arrière droite du bus les emmenant vers le pas de tir. Thomas Pesquet a aussi expliqué à l’Express qu’il s’attendait à être bizuté par ses coéquipiers dans l’ISS : « Il paraît qu’on se fait un peu bizuter le premier soir - comme on dort à la verticale et en flottant, une des blagues potaches consiste à déplacer les petits nouveaux pendant leur sommeil ».

Fera-t-il une sortie extra-véhiculaire durant son séjour ?

Ce n’est pas du tout garanti. Il s’y est pourtant préparé via des exercices dans la grande piscine de la Nasa car l’environnement aquatique reproduit correctement l’apesanteur. « Le jour J, on ne tirera pas à la courte paille : selon la complexité de l’opération, la décision sera prise par le centre de contrôle au sol. Une EVA se fait toujours en binôme, avec un membre plus expérimenté que l’autre. Cela pourrait avoir du sens que je sois en duo avec ma collègue Peggy Whitson car nous sommes complémentaires. Par exemple, s’il y a des batteries à changer, j’ai une allonge plus grande et pourrais jouer le balèze », indique-t-il à L’Express. « Ce serait une sensation incroyable », a-t-il déclaré aussi à l’AFP.

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Comment va se dérouler le quotidien de Thomas Pesquet ?

Lorsqu’il ne sera occupé par les différentes expériences scientifiques qu’il doit mener, Thomas Pesquet pourra profiter de son temps libre. On sait déjà qu’il a prévu de lire plusieurs ouvrages de Saint-Exupéry. Grand mélomane, il écoutera aussi beaucoup de musique (dont le groupe électro M83), comme le précise Le Parisien. Il aura aussi la possibilité d’appeler ses proches en France.

Son corps étant soumis à rude épreuve dans l'« espace, il fera aussi deux heures par jour d’exercices physiques pour limiter la fonte de ses muscles. Thomas Pesquet s’attend à des journées très rythmées, comme il l’a confié à l’Express : « Entre les activités physiques, scientifiques et la maintenance : il faut jouer les plombiers, les laborantins, les médecins, les cuisiniers, les mécaniciens… Sans oublier le samedi, jour de ménage ».


La Station spatiale internationale en deux minutes

Côté cuisine, l’astronaute français ne sera pas à plaindre. « On aura de la nourriture de chef étoilé avec nous », a indiqué Thomas Pesquet lors de la conférence de presse de mercredi, en référence aux langues de bœuf au foie gras truffé, aux suprêmes de volaille aux morilles et aux magrets de canard confits préparés par les chefs Alain Ducasse et Thierry Marx pour les fêtes de fin d’année et conditionnés pour être mangés en apesanteur.

Avec ses coéquipiers, Thomas Pesquet a prévu de fêter certains événements : « Moi, je suis chargé du jour de l’An, Peggy de Thanksgiving et Oleg a décidé qu’il était en charge de tout goûter ! », a-t-il confié au Monde.