Les plantes carnivores mordent avec leur salive

Yaroslav Pigenet

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Wikimedia

Avec les dionées attrape-mouche, les népenthes –ou plantes à urne- sont probablement les plantes carnivores les plus répandues dans nos appartements. Mais à la différence des dionées, on ne comprenait pas exactement comment font les népenthes pour piéger les insectes dans leurs urnes. Deux chercheurs du CNRS viennent d’élucider ce mystère.

Carnivores passifs

Les plantes carnivores sont des végétaux qui, pour survivre dans des sols pauvres, puisent leur azote dans les petits animaux qu’elles piègent et qu’elles digèrent ensuite. Certaines plantes utilisent des pièges actifs ; c’est le cas des dionées, dont l’extrémité des feuilles forme une sorte de mâchoire qui se referme quand un insecte se pose dessus. Comme on peut le voir sur cette vidéo:


Dionées, Droseras & Nepenthes
envoyé par P0L0

 


En revanche on pensait que les urnes des népenthes se comportaient comme de simples pièges passifs sur les parois desquels les insectes glissaient avant d’être digérés.


Morve fatale

En filmant à la caméra rapide des mouches et des fourmis piégées par une Nepenthes rafflesiana, Laurence Gaume et Yael Forterre ont constaté qu’en fait, le liquide sécrété par les parois de l’urne joue un rôle crucial dans la capture. Ce liquide viscoélastique, dont la consistance est similaire à la morve, forme des filaments collants dans lesquels l’insecte s’empêtre jusqu’à ne plus pouvoir bouger. Comme dans les sables mouvants, plus il se débat, plus il est pris au piège.

Même diluée à 90% dans de l’eau, cette substance ne laisse aucune chance aux insectes tombés dans l’urne. Les chercheurs, qui publient leurs travaux dans la revue PloS ONE, voudraient maintenant déterminer la composition chimique de ce fluide piège. En effet, cette substance pourrait être à l’origine du développement d’insecticides non toxiques.