Mission ExoMars: La sonde en orbite, le sort de l'atterrisseur toujours «inconnu»

ESPACE L’agence spatiale européenne ignore si le module Schiaparelli a « survécu ou pas » à son atterrissage...

P.B.

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Vue d'artiste de l'atterrisseur Schiaparelli de la mission ExoMars, à la surface de Mars.
Vue d'artiste de l'atterrisseur Schiaparelli de la mission ExoMars, à la surface de Mars. — ESA/ATG medialab

Après l’enthousiasme initial, place à l’inquiétude. Alors que la sonde TGO (Trace Gas Orbiter) s’est placée avec succès en orbite autour de Mars en milieu d’après-midi, l’agence spatiale européenne (ESA) ignore si le module Schiaparelli a « survécu ou pas » à son atterrissage

Le signal radio, très faible, a été perdu lors de la descente. « Nous ne sommes pas encore en mesure de déterminer les conditions (…) dans lesquelles l’atterrisseur a touché le sol » mercredi, a déclaré Andrea Accommazzo, chef des missions du système solaire à l’ESA, depuis le Centre européen d’opérations spatiales (ESOC) à Darmstadt, en Allemagne.

L’atterrisseur était « un test »

Il faudra d’autres éléments pour savoir « s’il a survécu structurellement ou pas », a-t-il ajouté. L’atterrissage du module sur Mars était planifié mercredi à 14h48 GMT (16h48 à Paris).

Un échec ne serait pas dramatique. L’élément le plus important était la sonde TGO, qui va analyser l’atmosphère martienne. L’atterrisseur était « un test », a rappelé Ferri, qui ne devait effectuer des mesures que pendant quelques jours. Il s’agissait surtout de préparer le terrain à l’envoi d’un rover mobile similaire à Curiosity, en 2021. Mais un raté serait inquiétant pour les Européens, qui n’ont jamais réussi à se poser avec succès sur Mars.

Préparer 2021

La soirée a été stressante pour les scientifiques. La confirmation est venue après plus de deux heures d’attente : la sonde TGO a réussi sa mise en orbite autour de la planète rouge. A 18h35, l’annonce a été accueillie par des cris de joie. Désormais, les choses sérieuses peuvent commencer.

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L’atterrisseur Schiaparelli, lui, a d’abord envoyé un signal lors de sa descente à 16h56, avant un long silence.

La Nasa a réussi à poser cinq engins

TGO et Schiaparelli constituent le premier volet d’ExoMars, une ambitieuse mission scientifique européano-russe en deux temps (2016 et 2021) qui vise à rechercher des indices d’une vie actuelle et passée sur Mars. Schiaparelli, un atterrisseur fixe, doit jouer les éclaireurs pour une mission express de quelques jours. Il prépare surtout le terrain pour l’arrivée d’un laboratoire mobile, semblable au rover Curiosity, qui devrait se poser en 2021.

Les Européens espèrent mettre fin à leur poisse après l’échec de l’atterrisseur Beagle 2, en 2003. La Nasa, elle, a réussi à poser cinq engins, de Viking 1 en 1975 jusqu’à Curiosity en 2011.