Des embryons de primates obtenus par clonage

avec AFP

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Un macaque a élu domicile depuis le début de la semaine à La Roche-sur-Yon à l'issue d'un périple de 90 km depuis la Loire-Atlantique et donnait depuis du fil à retordre aux autorités car il refuse de se laisser approcher.
Un macaque a élu domicile depuis le début de la semaine à La Roche-sur-Yon à l'issue d'un périple de 90 km depuis la Loire-Atlantique et donnait depuis du fil à retordre aux autorités car il refuse de se laisser approcher. — Dieter Nagl AFP/Archives

Une équipe américaine a réussi pour la première fois à cloner des embryons de singes macaques, et à s'en servir pour produire deux lignées de souches embryonnaires, une première chez le primate, selon des travaux publiés mercredi en ligne par la revue scientifique britannique Nature (article payant).

Cette première réussite du clonage chez le primate laisse entrevoir la possibilité d'appliquer une technique similaire chez l'homme (qui fait lui aussi partie des primates) afin de produire des cellules souches réparatrices de tissus lésés, espèrent les chercheurs.

Technique semblable à celle de Dolly

Les embryons de singes macaques ont été obtenus grâce à une technique de clonage par transferts de noyaux de cellule somatique, similaire à celle utilisée en 1996 pour la brebis Dolly, premier mammifère cloné. Dans cette technique, on remplace l'ADN du noyau d'un ovule par le matériel génique se trouvant dans une cellule du macaque à cloner.

Mais dans le cas des macaques, il ne s'agit pas d'un clonage reproductif donnant naissance à des bébés singes clonés. L'objectif des chercheurs était d’obtenir du clonage «thérapeutique».

Les cellules souches embryonnaires sont capables de se spécialiser pour prendre la place de n'importe laquelle des familles de cellules (nerfs, coeur, peau...) du corps. Les lignées de cellules souches embryonnaires obtenues chez le singe ont le même patrimoine génétique que le donneur des chromosomes insérés dans le noyau de l'ovule. L'application du même procédé pour la production de cellules souches embryonnaires réparatrices chez l'homme éviterait tout risque de rejet des cellules ou tissus greffés.

Inquiétude éthique des scientifiques

Lors de l'expérience conduite par l'équipe de l'Université de sciences et de médecine de l'Oregon, dirigée par Shoukhrat Mitalipov, biologiste d'origine russe, il a fallu 304 ovules de femelles rhésus macaques, pour aboutir à 35 embryons aux premiers jours de leur développement, ce qui a permis de donner finalement seulement deux lignées de cellules souches embryonnaires. Soit un taux de succès de seulement 0,7% si on compare le nombre de lignées obtenues au nombre d'ovules utilisés.

Les travaux sur le clonage de primates ont soulevé des inquiétudes dans la communauté scientifique, certains craignant qu'il n'ouvre la voie au clonage humain. Le magazine britannique Nature a hâté la publication de l'article, expliquant sa décision par la «spéculation» autour de ces recherches, alors que plusieurs articles ont fait état du succès de l'équipe américaine ces derniers jours.

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