Google: L’intelligence artificielle s'applique à améliorer la traduction automatique

INFORMATIQUE Grâce à un outil basé sur les réseaux neuronaux, Google affirme que ses traductions automatiques rivalisent avec celles d'humains...

M.C.

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La page d'accueil du moteur de recherche Google (illustration).
La page d'accueil du moteur de recherche Google (illustration). — M.C./20 MINUTES

Si les ordinateurs biberonnés à l’intelligence artificielle peuvent aujourd’hui battre les grands maîtres du jeu de Go ou composer une chanson des Beatles, l’humain conserve fort heureusement une courte longueur d’avance dans quelques domaines. La traduction est l’un de ces bastions : il suffit pour s’en convaincre d’explorer quelques pages Web traduites automatiquement par des logiciels, avec des résultats qui valent bien ce célèbre mème du jeu vidéo japonais :

Mais la machine n’a, bien sûr, pas dit son dernier mot. Google vient ainsi d’annoncer sur son blog dédié à la recherche que son outil Google Traduction – ou Google Trad si vous l’utilisez régulièrement – pouvait à présent se vanter, grâce à l’intelligence artificielle, de résultats un peu plus proches d’une bonne vieille traduction humaine.

Réseaux neuronaux

Les chercheurs de l’entreprise californienne expliquent ainsi travailler sur une meilleure traduction automatique grâce aux réseaux neuronaux, des fonctions mathématiques qui imitent le fonctionnement de notre cerveau. Ils ont développé un système nommé GNMT (Google Neural Machine Translation) utilisant l’intelligence artificielle pour supplanter l’approche traditionnelle. Au lieu d’analyser des syntagmes (bouts de phrases), comme c’était le cas jusqu’à présent, GNMT ainsi prend en compte la phrase entière, pour nous proposer des traductions moins imbitables.

Sur certaines « paires » linguistiques comme le français et l’anglais, Google affirme même que GNMT est proche de la qualité d’une traduction réalisée par un humain. Il est possible de se faire sa propre idée en jetant un coup d’œil à ce document, dont voici un extrait :

Selon Google, qui a mesuré la force de son outil sur des pages Wikipédia et des sites d’information avec l’aide de traducteurs bilingues, GNMT réduit ainsi les erreurs de traduction de 55 % à 85 % selon les langues, par rapport à une bête machine.

C’est du chinois

Mais le défi est d’appliquer le système à des langues moins proches. Google annonce que l’outil GNMT sera dorénavant utilisé directement par l’application mobile et le site Web Google Trad pour assurer des traductions entre le chinois et l’anglais, une combinaison réputée difficile.

Malgré d’impressionnants progrès, la traduction automatique a encore une grande marge de progression, préviennent cependant les chercheurs de Google Quoc V. Le et Mike Schuster. « GNMT fait encore de grosses erreurs qu’un traducteur humain ne ferait jamais, comme laisser des mots de côté et mal traduire des noms propres ou des termes rares, ou traduire des phrases de manière isolée au lieu de prendre en compte le contexte du paragraphe ou de la page, expliquent-ils. Il y a encore beaucoup de travail pour fournir un meilleur produit à nos utilisateurs. »