Des pièces romaines antiques retrouvées dans les ruines d'un château japonais

JAPON Elles dateraient de 300 à 400 après Jésus-Christ...

M.C.

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La base militaire américaine de White Beach, sur l'île d'Okinawa, non loin de l'endroit où les pièces ont été découvertes.
La base militaire américaine de White Beach, sur l'île d'Okinawa, non loin de l'endroit où les pièces ont été découvertes. — NEWSCOM/SIPA

Les archéologues n’en reviennent pas. Des pièces de monnaie datant de l’époque romaine ont été retrouvées dans des ruines sur l’île d’Okinawa, aujourd’hui rattachée au Japon, à quelque 10.000 km de Rome. Les chercheurs tentent maintenant de découvrir comment cette dizaine de pièces de bronze et de cuivre, dont certaines datent de 300 à 400 après Jésus-Christ, ont atterri dans  le château de Katsuren, construit à la fin du XIIIe ou au début du XIVe siècle et abandonné 200 ans plus tard.

« Je n’arrivais pas à croire qu’on ait trouvé des pièces de l’empire romain au château de Katsuren », avoue à CNN l’archéologue Hiroyuki Miyagi, qui a tout d’abord cru à un canular : « Je pensais qu’il s’agissait de répliques jetées là par des touristes. »

Portrait de l’empereur Constantin Ier

Une analyse aux rayons X de ces pièces, qui mesurent environ 2cm de diamètre, a montré sur certaines ce qui pourrait être un portrait de l’empereur Constantin Ier (306-337 après J-C), ainsi que l’image d’un soldat armé d’une lance. D’autres dateraient, selon les archéologues, de l’Empire ottoman du XVIIe siècle.

Une pièce romaine retrouvée dans les ruines d'un château sur l'île japonaise d'Okinawa, le 26 septembre 2016.
Une pièce romaine retrouvée dans les ruines d'un château sur l'île japonaise d'Okinawa, le 26 septembre 2016. - JIJI PRESS / AFP

 

A ce stade, les chercheurs ne peuvent que formuler des hypothèses pour expliquer cette découverte improbable. Le château de Katsuren fut la résidence de seigneurs impliqués dans le commerce régional, mais qui n’avaient aucun lien connu avec l’Europe. Ils entretenaient en revanche des relations commerciales avec la Chine et d’autres pays voisins d’Asie au XIVe et au XVe siècle, précise Masaki Yokou, un porte-parole de la municipalité d’Uruma, où se trouvent les ruines du château.

Selon Hiroyuki Miyagi, il est peu probable que ces pièces aient été utilisées comme monnaie d’échange. Elles auraient pu avoir effectué ce long voyage entre l’Europe et Okinawa dans les navires de marchands, en transitant par la Chine ou l’Asie du Sud-Est. Et garderont leur secret encore pour quelque temps.