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EspaceCes citoyens qui ont relancé la conquête de Mars

Qui est la Mars Society, l'association qui a remis la conquête de Mars au goût du jour?

EspaceSi l'humanité pose un jour le pied sur la planète rouge, ce sera probablement grâce à ces passionnés...
Un membre de la Mars Society effectuant des mesures dans le désert du Sahara en 2013.
Un membre de la Mars Society effectuant des mesures dans le désert du Sahara en 2013. - Mars Society/OeWF (Katja Zanella-Kux)
Jean-Jacques Valette

Jean-Jacques Valette

Nous sommes en septembre et pourtant tout le monde ne parle que de Mars. Mardi 27, Elon Musk, PDG de SpaceX, annoncera son plan de conquête de la planète rouge lors du congrès international d’astronautique qui se tiendra à Guadalajara au Mexique. Au début du mois, c’était le Français qui sortait d’une expérience d’un an visant à simuler une mission martienne pour la Nasa.

Le point commun entre ces deux hommes ? Leur adhésion à la , une association internationale de passionnés de l’espace qui depuis vingt ans mène des recherches scientifiques et effectue du lobbying auprès du grand public et des décideurs. Leur objectif : envoyer des humains sur la planète rouge. Un projet qui semble en passe de réussir, après plusieurs décennies de statuquo…

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« Tout a commencé en mars 1998 à l’université de Boulder dans le Colorado », se remémore Richard Heidmann, un ingénieur français qui a cofondé l’association Mars Society ainsi que le programme Ariane. « Nous étions 700 passionnés venus du monde entier pour le congrès fondateur de l’association. Il y avait beaucoup d’étudiants mais aussi des astronautes, des ingénieurs, des gens de toutes professions. » Autant de personnes convaincues qu'il fallait relancer le projet spatial alors moribond.

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400 milliards de dollars

« En 1990, la Nasa a produit un rapport pour l’administration Bush qui chiffrait la conquête de Mars à 400 milliards de dollars. Ce chiffre a été repris par la presse et a fait un véritable scandale », se rappelle Richard Heidmann. Ce plan, dit des « », impliquait entre autres le développement de fusées nucléaires, la construction d’une base lunaire et d’un immense vaisseau spatial. « Je ne pense pas que c’était par volonté de nuire. L’administration issue du programme Apollo avait l’habitude d’avoir les robinets ouverts… », estime Alain Souchet, président de l’association , version française de la Mars Society créée en 1999.

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Mais le mal était fait et le programme martien repoussé aux calendes grecques. Un état de fait que ne pouvait accepter Robert Zubrin, un ingénieur spatial américain. « En réaction au plan de la Nasa, il a inventé une architecture de mission dix fois moins chère et a mis toute sa carrière en jeu pour la défendre », explique Richard Heidmann. « C’est lui le véritable père de la Mars Society, celui qui nous a donné une vision. »

Baptisé « », le plan de Robert Zubrin repose sur l’envoi de seulement trois fusées contre plusieurs dizaines pour le projet « 90 jours ». Sa principale innovation ? L’utilisation de l’atmosphère martienne pour produire du carburant in situ. Une approche pragmatique et économique de la conquête spatiale qui marqua spécialement l’un des participants au congrès fondateur de l’association…

Elon Musk, geek de l’espace

« Elon Musk était là, même si personne ne le connaissait car il n’était pas encore le PDG de Paypal, encore moins de Tesla ou SpaceX », se rappelle Richard Heidmann. Quatre ans plus tard, le jeune sud-africain, désormais milliardaire, créait son entreprise spatiale avec comme objectif annoncé de réaliser le rêve martien.

Outre le perfectionnement du plan Mars Direct, l’association effectue aussi un travail de à travers des simulations de mission martiennes. « Nous avons deux stations. L’une est tout au Nord du Canada dans l’Arctique, au bord d’un ancien cratère. Et l’autre dans le désert de l’Utah », explique Alain Souchier. Exposées à des températures extrêmes, ces structures en forme de dôme permettent aux scientifiques de tester de nouveaux matériaux, de mener des études sur l’environnement et d’étudier l’influence de l’isolement sur le moral des équipages.

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« Notre association est un mélange étonnant de spécialistes de très haut niveau et de gens normaux qui partagent juste une passion », explique Marc Fournier, cofondateur du laboratoire citoyen La Paillasse et membre lui-aussi de l’association Planète Mars.

Nouvelle génération de makers

Selon Marc Fournier, le futur de l’exploration spatiale passera par la participation des citoyens. « Les grandes agences spatiales ont moins de budget. Dans le même temps on assiste à une baisse des coûts de l’accès à l’espace et une nouvelle génération de makers nous rejoint avec des idées neuves ». Il cite à ce propos la combinaison spatiale « Aouda » inventée par des membres autrichiens de l’association et qui inspire désormais la Nasa. Ou les « cubesats », de tout petits satellites inventés par des étudiants et qui pourraient donner Internet à toute la population mondiale.

« Nous avons fait avancer la science. Aller sur Mars n’est plus un problème de technologie ni de budget mais de leadership. C’est pour ça que nous organisons autant d’expositions et de conférences auprès du grand public et des décideurs », explique Alain Souchier. « Il est temps pour l’Humanité de se remettre à rêver. »

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C’est le but d’Elon Musk qui prévoit en 2018 une première mission robotisée, suivie d’une exploration humaine dès 2024. Quand à savoir comment il s’y prendra, il faudra attendre le 27 septembre pour le savoir. « Mais je pense que ça reposera largement sur la production de carburant in situ imaginée par la Mars Society », sourit Richard Heidmann.

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