Pluton: Deux chercheurs français élucident le mystère de la répartition des glaces sur la planète naine

ESPACE Tanguy Bertrand et François Forget ont créé un modèle « capable de simuler les cycles de l’azote, du méthane et du monoxyde de carbone sur des milliers d’années »....

20 Minutes avec agence
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Pluton photographiée par la sonde New Horizons.
Pluton photographiée par la sonde New Horizons. — Science Mag / Nasa

Du givre de méthane dans l’hémisphère nord, un glacier d’azote dans la plaine de Sputnik en forme de cœur et de la glace de monoxyde de carbone en faible quantité… Pluton regorge de mystérieux types de glace, photographiés par la sonde américaine New Horizons. Leur origine et leur répartition étaient jusqu’ici inconnues des experts, qui estimaient que ces dernières étaient liées à un réservoir d’azote « interne à la planète ».

Simuler les cycles de l’azote, du méthane et du monoxyde de carbone

C’était sans compter sur Tanguy Bertrand et François Forget qui viennent de percer une part des mystères du cœur de Pluton. Dans un article publié dans la revue Nature, les deux chercheurs français du Laboratoire de météorologie dynamique expliquent avoir développé « un modèle thermique de la surface de la planète naine capable de simuler les cycles de l’azote, du méthane et du monoxyde de carbone sur des milliers d’années ».

Un modèle qui a été comparé aux images prises par la sonde New Horizons et aux données de la Nasa. Bingo : les modèles se sont parfaitement assemblés. La formation de glace d’azote dans la plaine de Sputnik résulterait ainsi de plusieurs facteurs.

Insolation de la planète naine et altitude du bassin

L’insolation de la planète naine (exposition au soleil) et l’altitude du bassin « Sputnik Planum » située bien en deçà des autres régions de Pluton contribueraient à créer une pression atmosphérique beaucoup plus forte ainsi qu’une température plus froide. De fait, la glace d’azote serait piégée et s’accumulerait dans ce bassin, formant ce drôle de glacier en forme de cœur.

 

La plaine «Sputnik Planum», tache lisse et lumineuse à la surface de Pluton.
La plaine «Sputnik Planum», tache lisse et lumineuse à la surface de Pluton. - NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Southwest Research Institute

 

Et ce « Sputnik Planum » devrait même évoluer… au fil des saisons, selon le communiqué du CNRS qui a collaboré avec nos chercheurs français. Les glaces qui se rétractent puis reprennent leur droit devraient ainsi continuer de grignoter les montages aux alentours sur des centaines de kilomètres.

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