Le directeur de l'Agence spatiale européenne pousse toujours pour la création d’un village lunaire

ESPACE L’Allemand Jan Wörner assure que son idée de village lunaire international a reçu beaucoup de soutiens…

20 Minutes avec AFP

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Une photo de la surface de la Lune, prise par un robot chinois en 2013.
Une photo de la surface de la Lune, prise par un robot chinois en 2013. — CNSA, agence spatiale chinoise

A la tête de l’Agence spatiale européenne, l’Allemand Jan Wörner assure que son idée de créer un village lunaire international a reçu « de nombreuses réactions positives » venant d’acteurs privés et publics du spatial, a-t-il indiqué dans un entretien à l’AFP. Peu après sa prise de fonction comme directeur général de l’ESA en juillet 2015, il avait proposé l’idée d’un « Moon village » qui pourrait succéder à la Station spatiale internationale (ISS) financée pour le moment jusqu’en 2024.

Un an après, il estime que l’idée a fait son chemin : « J’ai fait de grands progrès, bien plus que je ne le pensais, car j’ai reçu beaucoup de réactions positives et des indications claires de certains acteurs du spatial qu’ils étaient désireux de participer » aux réflexions sur le village lunaire, déclare Jan Wörner.

L’idée débattue fin septembre à Guadalajara

« Il ne s’agit pas d’un projet mais d’un concept ouvert », tempère l’ancien patron du DLR, l’agence spatiale allemande, pour éviter tout malentendu. « Nous disons "pourquoi ne pas joindre nos forces au niveau international pour retourner sur la Lune" ? », qui est « une très bonne destination ». « Un village est formé de gens qui souhaitent former une communauté », souligne-t-il. « Il s’agit de se dire "travaillons ensemble dans un environnement ouvert au même endroit" ». A chacun ses idées. Certains acteurs veulent envoyer des robots, d’autres s’intéressent aux ressources du sous-sol, d’autres peuvent vouloir envoyer des hommes etc., énumère Jan Wörner. « C’est un regroupement d’intérêts différents ».

Jan Wörner compte à nouveau plaider en faveur du « Moon village » devant le 67ème congrès astronautique international qui se tiendra à Guadalajara au Mexique du 26 au 30 septembre, comme il l’avait fait l’an dernier. La position de la Nasa, qui envisage des missions autour de la Lune, a évolué et elle est « dans le jeu », assure-t-il. Plusieurs pays, comme la Russie ou la Chine ont un programme lunaire. Il y a aussi des initiatives privées (tourisme, exploitation minière).

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Le futur de l’ISS en question

A l’agenda automnal de Jan Wörner, figure également la question de la participation de l’Europe à la Station spatiale internationale au-delà de 2020. « Tous les autres partenaires (ndlr : Etats-Unis, Russie, Japon, Canada) de l’ISS ont déjà confirmé leur intention de prolonger leur financement de la station jusqu’en 2024 », souligne Jan Wörner. « L’Europe devrait faire de même ». « Notre contribution ne représente que 8 % du budget de l’ISS », fait-il valoir.

« A mon sens, nous devrions continuer d’utiliser ce laboratoire de l’espace pour mener toutes sortes d’expériences dans le futur. C’est pourquoi, je plaide fortement en faveur d’une prolongation de la participation de l’Europe dans l’ISS jusqu’en 2024 ». « La question est de savoir combien d’argent y sera consacré. C’est ce que devront décider les états membres » lors de la conférence ministérielle de l’ESA à Lucerne (Suisse) début décembre.

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