Espace: Philae s'est éteint, mais demain, d'autres projets vont faire rêver l'humanité

CONQUÊTE Et si l'homme explorait un autre système solaire?...

T.L.G.

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Alpha du Centaure, de l'Observatoire européen austral
Alpha du Centaure, de l'Observatoire européen austral — Davide De Martin / Mahdi Zamani / EUROPEAN SOUTHERN OBSERVATORY / AFP

C’est une certitude, le couple Rosetta-Philae vit ses dernières heures, à quelque six milliards de kilomètres au-dessus de nos têtes. Le 30 septembre prochain, Rosetta descendra vers « Tchouri » pour donner un « ultime baiser à sa comète ». Ce chant du cygne signera la fin d’une épopée de dix ans ayant enthousiasmé le monde entier. Mais la conquête spatiale ne s’éteindra pas avec les deux héros. Des projets, plus ou moins fous, sont déjà en préparation. 20 Minutes fait le point avec Thierry Fouchet, professeur à l’université Paris VI et chercheur à l’Observatoire de Paris.

OSIRIS-REx, rapporter des échantillons d’un astéroïde

Vue d'artiste d'un astéroïde.
Vue d'artiste d'un astéroïde. - Nasa/ESA/M.A. Garlick

C’est un peu la cousine américaine de Rosetta. OSIRIS-REx doit rencontrer l’astéroïde Bennu et l’étudier. Mais cette fois, la sonde spatiale doit revenir sur Terre et rapporter un échantillon de poussières vieilles de 4,5 milliards d’années. « L’objectif est un peu semblable à celui de la mission Rosetta. Les astéroïdes et les comètes permettent aux scientifiques de comprendre ce qui se passait au début de notre système solaire. Ce sont en quelque sorte les briques qui ont formé les planètes actuelles », explique Thierry Fouchet.

Echéance : Court terme. Le vaisseau spatial de la Nasa, de la taille d’une grosse voiture, sera lancé jeudi. Si tout se passe comme prévu, le retour sur Terre est prévu pour 2023.

Continuer l’exploration robotique de notre système solaire

Montage photo réalisé par la Nasa de la sonde Juno en orbite autour de Jupiter, le 5 août 2015
Montage photo réalisé par la Nasa de la sonde Juno en orbite autour de Jupiter, le 5 août 2015 - - NASA

De nombreuses sondes vont continuer à être lancées dans l’espace pour mieux connaître les planètes de notre système solaire. « Il existe par exemple une belle mission européenne pour étudier Jupiter et ses trois satellites glacés à l’horizon 2030 », rappelle le chercheur. La sonde JUICE (JUpiter ICy moons Explorer) de l’ESA s’intéressera particulièrement à Ganymède, une lune de Jupiter suspectée d’abriter un océan liquide sous sa croûte de glace. Les données recueillies permettront de mieux comprendre les conditions nécessaires à l’apparition de la vie.

Echéance : Court terme. Le lancement de JUICE est prévu pour 2022. La sonde devrait atteindre la plus grosse planète du système solaire en 2030 et effectuer son exploration pendant plus de trois ans.

Marcher sur Mars

La planète Mars. Capture d'écran d'un reportage de Time mis en ligne en juin 2013.
La planète Mars. Capture d'écran d'un reportage de Time mis en ligne en juin 2013. - 20 MINUTES

Depuis longtemps, la planète rouge trotte dans la tête de l’homme. Pourtant, Mars n’est aujourd’hui explorée que par les robots. Pourra-t-on y emmener des êtres humains ? « Cela devrait prendre encore un certain temps. Un rapport de la Nasa pointait récemment les défis technologiques qu’il restait à relever pour y parvenir », indique Thierry Fouchet. « Cela coûterait très très cher, peut-être 1.000 milliards de dollars, un coup mille fois supérieur à Rosetta », ajoute le spécialiste. Outre le défi technique, un problème éthique sera posé. « Pendant leur voyage, les rayons cosmiques exposeront les astronautes à des radiations très dangereuses. »

Echéance : Moyen terme. En octobre dernier, l’Agence spatiale américaine estimait possible de résoudre les principaux défis à relever pour dompter la planète rouge. Jusqu’à présent, les responsables de la Nasa espèrent envoyer des humains vers Mars dans les années 2030.

>> A lire aussi : Une expédition humaine vers Mars serait-elle possible?

Voyager vers Alpha du Centaure

Alpha du Centaure, de l'Observatoire européen austral
Alpha du Centaure, de l'Observatoire européen austral - Davide De Martin / Mahdi Zamani / EUROPEAN SOUTHERN OBSERVATORY / AFP

Ils sont au moins deux sur Terre à croire à ce projet un peu fou : le milliardaire russe Yuri Milner et l’astrophysicien britannique Stephen Hawking. Le 12 avril dernier, les deux hommes indiquaient vouloir voyager jusqu’au système solaire le plus proche de la Terre. Problème : Alpha du Centaure se situe à 4 années-lumière. La plus rapide de nos sondes actuelles mettrait plus de 24.000 ans pour atteindre les trois soleils.

A moins que… le vaisseau spatial en question ne soit minuscule. Leur idée ? Utiliser un vaisseau d’un tout petit gramme seulement et le faire avancer à un cinquième de la vitesse de la lumière, en bombardant ses voiles par un laser basé sur Terre. A 60.000 kilomètres par seconde, le vaisseau pourrait atteindre Alpha du Centaure en seulement vingt ans.

Echéance : Très lointaine. Dans un dossier spécial, Science et Vie estime qu’une telle sonde pourrait pénétrer pour la première fois dans un tel système en 2057 ! Mais le magazine rappelle les innombrables défis que l’homme devra résoudre pour continuer à rêver (miniaturisation des composants, guidage interstellaire, durée de vie des instruments, etc.).