VIDEO. Faites chauffer la fusée, une potentielle «seconde Terre» découverte à deux pas de chez nous

ASTRONOMIE Proxima du Centaure est l'étoile la plus proche du Soleil, et le système abrite une planète sans doute rocheuse...

Philippe Berry

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Vue d'artiste de Proxima b, la planète la plus proche de la Terre.
Vue d'artiste de Proxima b, la planète la plus proche de la Terre. — ESO, M. KORNMESSER

C’est le Graal de l’astronomie. Des chercheurs ont bien découvert une exoplanète autour de l’étoile la plus proche du Soleil, Proxima du Centaure, dans une zone où l’eau liquide peut exister à la surface. La rumeur, qui courrait depuis deux semaines, a été confirmée mercredi par la publication officielle dans le magazine Nature. « La chasse à la vie peut commencer », écrit son auteur principal, l’astronome Guillem Anglada-Escudé, de l’université Queen Mary de Londres.

Cette fois, il ne s’agit pas d’une erreur

Avant de réserver son billet pour un aller simple, plusieurs précisions importantes s’imposent. Proxima b, située à 4,2 années-lumière du Soleil, a une masse minimum de 1,3 fois celle de la Terre. Les chercheurs supposent qu’elle est rocheuse mais ils n’en ont pas la preuve. Ils ne savent pas non plus si elle possède une atmosphère, de l’eau liquide et tous les composés nécessaires à l’éclosion de la vie telle que nous la connaissons.

Les sceptiques se rappelleront encore que la dernière découverte d’une planète « candidate » autour de Proxima du Centaure avait finalement été rétractée. Mais cette fois, les mesures réalisées avec deux télescopes différents laissent peu de place au doute. « Les instruments ont fait d’immenses progrès. Après avoir lu l’étude, je suis convaincu que cette planète est réelle », juge l’astronome Phil Plait sur son blog Bad Astronomy.

Le tour de son étoile en 11 jours

Proxima b se trouve à seulement 7,5 millions de kilomètres de son étoile. C’est 20 fois plus près que la Terre du Soleil. Elle en fait le tour en seulement 11,2 jours. Mais parce que Proxima du Centaure est une naine rouge de faible intensité, de l’eau liquide peut, sur le papier, exister à la surface.

La donne est cependant compliquée par la configuration de la planète, en verrouillage gravitationnel avec son étoile, comma la Terre avec la Lune. Traduction : c’est toujours la même face qui est au « soleil », et il n’y a pas de saison. On ne parle même pas des violentes éruptions solaires, face auxquelles une protection (atmosphère dense, champ magnétique) est indispensable. Bref, il va falloir observer la planète directement, et le télescope spatial James Webb, qui doit prendre la relève d’Hubble en 2018, arrivera à point nommé.

Si près et pourtant si loin

A 4,2 années-lumière, Proxima b est la planète la plus proche de la Terre. Mais avec les systèmes actuels de propulsion, il faudrait entre 20.000 et 80.000 ans à une sonde pour s’y rendre. Le projet Starshot, qui mise sur une voile solaire accélérée par des rayons laser pour atteindre 20 % de la vitesse de la lumière, permettrait toutefois de réduire la durée du voyage d’une micro-sonde à une vingtaine d’années. Allez, on espère être encore vivant pour assister à ce grand moment…