Le mystérieux manuscrit Voynich va être «cloné» pour être enfin décodé, une première

ARCHEOLOGIE Une petite maison d’édition espagnole a obtenu l’autorisation de reproduire ce manuscrit jalousement préservé et d’en diffuser 898 répliques qui intéressent déjà les cryptographes et les collectionneurs…

20 Minutes avec agences

— 

Un employé des éditions Siloe travaille à reproduire pour la première fois le manuscrit Voynich, le 9 août 2016 à Burgos, dans le nord de l'Espagne.
Un employé des éditions Siloe travaille à reproduire pour la première fois le manuscrit Voynich, le 9 août 2016 à Burgos, dans le nord de l'Espagne. — AFP / CESAR MANSO

Le manuscrit Voynich, l’un des livres les plus énigmatiques au monde, va être reproduit en Espagne. Des centaines de chercheurs ont passé leur vie à tenter d’interpréter ce livre mystérieux écrit sur un parchemin médiéval dans un langage que les plus grands cryptographes n’ont jamais pu décoder.

« Toucher le Voynich, c’est vraiment quelque chose »

L’ouvrage altéré par le temps ne sort que rarement du coffre-fort de la bibliothèque Beinecke, de l’université Yale aux Etats-Unis. Mais une petite maison d’édition basée dans le nord de l’Espagne, Siloe, a finalement obtenu après dix ans d’efforts l’autorisation de reproduire à l’identique ce manuscrit de 200 pages, guère plus grand qu’un livre de poche.

Une page du mystérieux manuscrit Voynich en passe d'être clonée pour être décodée.
Une page du mystérieux manuscrit Voynich en passe d'être clonée pour être décodée. - CESAR MANSO/AFP

« Toucher le Voynich, c’est vraiment quelque chose. C’est un livre entouré d’une telle aura de mystère que le voir pour la première fois… emplit d’une émotion vraiment difficile à décrire », s’est ainsi félicité le directeur Juan Jose Garcia.

Spécialisée dans la publication de fac-similés de manuscrits anciens, Siloe a acheté les droits de reproduction, pour une somme gardée secrète, afin d’en diffuser 898 répliques. Elle compte mettre dix-huit mois à fabriquer le premier fac-similé du manuscrit Voynich et entend éditer des « clones » tellement fidèles « qu’ils feront apparaître les tâches, les trous et les déchirures qu’a subis le vieux parchemin »…

Le processus de « clonage » entamé en avril

Siloe, qui a entamé le processus de « clonage » en avril, compte vendre chaque reproduction 7.000 à 8.000 euros (7.800 à 8.900 dollars) et assure que près de 300 acheteurs ont déjà réservé un exemplaire.

Raymond Clemens, conservateur de la bibliothèque Beinecke, a expliqué que Yale a décidé de céder les droits de reproduction de l’ouvrage « parce qu’un très grand nombre de personnes voulaient le consulter ». Or « si nous laissons le manuscrit être manipulé aussi souvent, cela va le détruire ».

>> A lire aussi : Quand les manuscrits battent des records aux enchères

La reproduction « permettra aussi aux bibliothèques et musées de disposer d’une copie » et « nous-mêmes allons utiliser le fac-similé pour le montrer en dehors de la bibliothèque, aux étudiants et autres personnes intéressées », a ajouté le conservateur.

Leonard de Vinci, langage codé, extraterrestre…

Les théories abondent sur le mystérieux auteur de ce manuscrit, qui tire son nom de sa redécouverte par l’antiquaire Wilfrid Voynich vers 1912 en Italie. Pendant longtemps, il fut présenté comme l’œuvre d’un moine franciscain du 13e siècle, l’Anglais Roger Bacon, d’autres imaginent qu’il aurait pu être l’œuvre de Leonard de Vinci, d’un inconnu écrivant en langage codé pour échapper à l’Inquisition, d’un extraterrestre qui l’aurait laissé en cadeau après une visite sur Terre ou le résultat d’un canular sophistiqué.

Avec ses pages d’écriture manuscrite élégante, ses illustrations de plantes étranges et ses dessins de femmes nues, le manuscrit Voynich s’est même vu attribuer certains pouvoirs magiques… Aujourd’hui encore, la bibliothèque Beinecke reçoit chaque mois des milliers de courriels de personnes qui pensent avoir levé le mystère. Mais son contenu reste encore énigmatique… sauf pour l’archéologue Indiana Jones, qui en perça le secret dans un roman.