VIDEO. Solar Impulse 2: «Sans bruit, ni pollution», l'avion solaire achève son tour du monde

EXPLOIT Capable de voler jour et nuit avec l’énergie solaire comme unique carburant, l'avion Solar Impulse 2 a atterri ce mardi à Abou Dhabi...

20 Minutes avec AFP

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Les deux pilotes de l'avion Solar Impulse 2 à leur arrivée à Abou Dhabi après un tour du monde historique
Les deux pilotes de l'avion Solar Impulse 2 à leur arrivée à Abou Dhabi après un tour du monde historique — KARIM SAHIB / AFP

C’est un exploit historique. Solar Impulse 2 a atterri ce mardi à Abou Dhabi. Cet avion capable de voler jour et nuit avec l’énergie solaire comme unique carburant a ainsi bouclé un tour du monde sans précédent, défi technologique autant qu’humain.

L’avion s’est posé sans encombre à 4h05 (2h05 heure de Paris) à l’aéroport Al-Batten, près de la capitale des Emirats arabes unis, d’où il était parti le 9 mars 2015 pour un périple de plus de 42.000 km, à travers quatre continents, effectué sans une goutte de carburant.

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Un appareil, deux pilotes

Piloté par le Suisse Bertrand Piccard, l’appareil, parti dimanche du Caire, a parcouru 2.763 km en plus de 48 heures pour cette 17e et dernière étape de son périple, destiné à promouvoir les énergies renouvelables.

« L’avenir est propre », a lancé Bertrand Piccard, applaudi et accueilli sur le tarmac aux cris de « Bravo, bravo ».

Il a été aussitôt rejoint par son compatriote André Borschberg, avec lequel il s’est relayé aux commandes du monoplace tout au long du périple.

Une partie des équipes, a célébré cet exploit en improvisant une fondue suisse dans le hangar. 

Historique

« C’est tellement passionnant » de voler à bord d’un avion qui ne fait « pas de bruit, pas de pollution », a déclaré Bertand Piccard à des journalistes, dont celui de l’AFP.

« On croit que c’est de la science-fiction, mais en fait c’est la réalité aujourd’hui », a ajouté le pilote, qui ne montrait pas de signes de fatigue.

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Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a exprimé sa « profonde admiration » pour cette expérience. « C’est un jour historique, non seulement pour vous mais l’humanité », a ajouté Ban Ki-moon à l’adresse de Bertrand Piccard alors qu’il survolait les eaux du Golfe.

Pesant une tonne et demi, mais aussi large qu’un Boeing 747, le SI2 a volé à une vitesse moyenne d’environ 80 km/h grâce à des batteries qui emmagasinent l’énergie solaire captée par quelque 17.000 cellules photovoltaïques sur ses ailes.

« Les technologies propres peuvent réaliser l’impossible »

« J’ai lancé le projet @solarimpulse en 2003 pour transmettre le message que les technologies propres peuvent réaliser l’impossible », a rappelé Bertrand Piccard dans un tweet.

Il a réalisé son rêve. Mais il a mis du temps : la circonvolution, à plus de 8.500 mètres d’altitude au maximum, aura duré plus d’un an et quatre mois. Elle était prévue au départ pour durer cinq mois, dont 25 jours de vol effectif.

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Parti d’Abou Dhabi, l’avion s’est posé successivement à Mascate (Oman), Ahmedabad et Varanasi (Inde), Mandalay (Birmanie), Chongqing et Nanjing (Chine), puis Nagoya (Japon) et Hawaï (Etats-Unis), où il avait fait une escale technique imprévue de plusieurs mois, avant d’atteindre et de traverser l’Amérique du Nord, s’arrêtant à San Francisco, Phoenix, Tulsa, Dayton, Lehigh Valley et New York.

Des conditions de pilotage extrêmes

Puis il a traversé l’Atlantique sans escale pour se poser le 23 juin à Séville, dans le sud de l’Espagne, d’où il a rallié le 13 juillet Le Caire.

Bertrand Piccard a effectué la première traversée de l’Atlantique (6.765 kilomètres). André Borschberg est entré dans la légende en pilotant l’appareil pour son étape au-dessus du Pacifique, soit 8.924 kilomètres en un peu moins de 5 jours et 5 nuits (du 28 juin 2015 au 3 juillet 2015), le plus long vol en solitaire jamais réalisé.

Les deux Suisses ont piloté à tour de rôle dans un cockpit de 3,8 m2 sans air conditionné ni chauffage, mais équipé de bouteilles d’oxygène pour permettre aux pilotes de respirer et d’un coin toilettes.

« On fait des petites siestes de 20 minutes. Des exercices dans le cockpit, une demi-heure, le matin et l’après-midi, sinon au bout de plusieurs jours on ne peut plus bouger les bras et les jambes », a expliqué Bertrand Piccard.

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« Très bientôt, il y aura des passagers sur des avions électriques qui seront rechargés sur le sol », a-t-il pronostiqué, estimant toutefois qu’il faudra attendre avant d’en voir sur des avions solaires.